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Pauvre Ferry, il n'a jamais été très brillant mais là, il touche effectivement le fond.

Le 20-10-2007
Je cause de Luc, bien sûr, pas de Bryan, qui lui est brillant.

Grands dieux, j'allais me coucher tranquille avec l'esprit calme et reposé quand ma tournée des blogs indispensables à tout honnête homme m'a amené (forcément) au Complot des papillons où Patrice Lanoy s'énerve fort justement contre la vitupération stupide de Luc Ferry dans le Figaro de ce jour.

Ceux qui me connaissent bien savent que je suis rarement du genre à déposer partout des gentimentaires pour faire mon intéressant mais, Luc Ferry, philosophe de salons et d'écrans télévisés a réellement touché le fond avec cette bafouille et je dois lui attribuer le titre de crétin du jour qu'Yves Duel n'a pas utilisé aujourd'hui. je me suis donc fendu d'un long commentaire d'approbation que je retranscris ici (vu que, de toute façon, j'avais pas envie d'écrire autre chose) légèrement retravaillé.


En premier lieu, le spectre de la peur, que Luc Ferry agite comme un hochet conceptuel, est indigne.

Indigne de quiconque a observé un tant soit peu, la chose politique - et lui l'a pratiquée, même s'il s'est empressé de s'en défendre en commettant sitôt son départ un minuscule opuscule. L'exploitation de la peur est monnaie courante dans ce type d'activité, elle a existé de tout temps et sous toutes formes. Souvent pour révéler à l'humanité sa plus infame médiocrité mais aussi parfois pour soulever les plus nobles élans. La peur est un moteur comme un autre de l'âme humaine dans lequel les plus cyniques se plaisent toujours à verser du carburant, que ce soit pour passer la marche arrière ou la marche avant.

Indigne de qui contemple la société : il cède à cette mode qui consiste actuellement à brandir la menace de hordes d'écoterroristes tout prêts à déferler bientôt sur nos Champs-Elysées pour les ensencemencer de quelques graines de révoltes sédicieuses. Triste fantasme aussi éculé qu'inexact. S'il est vrai qu'il peut exister des formes dérangeantes de radicalismes verts, elles ne sont définitivement pas françaises et ne le seront probablement jamais car étrangères à nos moeurs et coutumes. Organisées, structurées dans l'environnement et le tissu social anglo-saxon, où le lobbyisme sous forme de coup d'éclat est un passe-temps fort prisé, ces formes de contestations n'existent pour ainsi dire plus en France depuis 20 ans (à l'exception notable de la grande époque d'Act-Up).

Ensuite la prétention à penser que devrait lui conférer son statut de philosophe fait peine à lire, au sens premier et littéral du terme. Quand il écrit "portant sur des périls dont on devrait bien parvenir un jour à mesurer de manière scientifique la réalité et la portée exactes.", il fait preuve d'une coupable absence de vocabulaire. Car un péril ne se mesure pas et aucun scientifique digne de ce nom ne s'aventurera à une telle entreprise. Un péril ou un risque s'estime, s'évalue, en fonction de différents critères (l'importance du dégat engendré, la probabilité d'apparition) et avec une méthodologie. Celle-ci, aussi rigoureuse, soit-elle relève malgré tout de conjectures hasardeuses. C'est l'éternel doigt mouillé qu'on tend vers le ciel pour évaluer la force du vent qui à un moment ou à un autre doit-être appelé à la rescousse et peut rendre tout l'édifice intellectuel bancal.

Rendons-lui cependant justice, quand il écrit que le « Grenelle de l'environnement » n'a de légitimité ni scientifique, ni républicaine, car cette observation n'est pas erronée. Il y a peut-être derrière le Grenelle de l'environnement un coup de marketing politique. Voulu par l'éxécutif nouvellement élu, a-t-il pour autant moins de légitimité républicaine que ce pouvoir législatif fraîchement renouvellé et dont l'élection a été déterminée par le résultat du scrutin présidentiel ?

La réponse est non. Il n'est en aucune façon question pour lui d'outre-passer le pouvoir du Parlement dans la décision. Il tire du résultat des urnes la légitimité de sa force de proposition et ne contrecarre pas celle déjà existante de nos assemblées républicaines où chaque élu dispose de son libre-arbitre.

Quant à la légitimité scientifique, à quoi bon l'invoquer après l'inventaire de toutes ces errances d'experts que patrice Lanoy a inventorié (ce nuage de Tchernobyl qui ne passa jamais le Rhin, ces bananes aux pesticides si bonnes pour les Antilles)? A quoi bon la confier, une nouvelle fois, à l'avis consultatif de scientifiques placés là uniquement pour approuver en échange de crédits de recherches et de charges honorifiques ? Les intérêts économiques des uns, la "raison d'état" et la force de persuasion des politiques à ce sujet ont trop souvent été présents par le passé. Aujourd'hui, sur ce qui est, probablement, l'un des seuls sujets où la machine médiatique a fait preuve d'assez d'efforts de vulgarisation scientifique, l'environnement, une initiative, se propose d'être un complément (pas une alternative) où la voix des citoyens peut se faire entendre.
Ne pas lui accorder de crédit et y préférer des circuits aussi éculés que bien mal éprouvés est définitivement une erreur.



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L'illusion Nobel et les cocoricos inutiles

Le 11-10-2007
A quand le prochain ?

Depuis hier, la France peut s'enorgueillir d'un nouveau prix Nobel de physique et, même si Albert Fert l'a bien mérité, il n'y a pourtant aucune bonne raison de s'en réjouir excessivement.

Tout d'abord, parce que le progrès scientifique n'est pas une course cycliste annuelle, un challenge où on décernerait régulièrement un maillot jaune au Géo Trouvetout le plus en forme ou au professeur Tournesol qui irait un peu plus à l'ouest que ses confrères. Non, le Prix Nobel n'est ni le concours Lépine, ni même une variante intellectuelle de Miss France.

La recherche scientifique est une histoire qui s'écrit au quotidien et elle ne se déroule que grâce à tous les acteurs du monde de la recherche : des plus obscurs laborantins nettoyant les tubes à essai jusqu'aux plus grands savants. L'histoire de gens qui travaillent sur des sujets qui n'intéressent qu'eux et qui, avec acharnement et persévérance, vont faire avancer des travaux qui n'ont qu'un unique objectif : celui de faire avancer le schmilblick de la science.

Parfois, le hasard et le destin s'en mêlent et on découvre que les équations alignées pendant des annnées avec application peuvent servir immédiatement à quelquechose. Dans cette conjonction, assez rare, avec un sujet un peu "sexy" et quelques qualités de diplomate, il est alors possible de devenir nobelisable.

A ce titre, je suis un peu chagrin quand j'attend le concert de louanges tressés à Albert Fert car il me semble important de ne pas oublier que bien d'autres, français ou non, le mériteraient aussi.

Note importante  : Tout ce que je viens de dire est bien mal exprimé en comparaison du petit édito de Patrice Lanoy sur son complot des papillons, mais si vous me lisez régulièrement vous savez déjà tout le bien que je pense de lui.

J'ai écouté cet après-midi, la formidable interview du Monsieur sur France Inter,  - vous connaissez beaucoup de radios qui consacrent trois quarts d'heure à un prix nobel de physique le lendemain de sa nomination et sans avoir à bouleverser leur grille des programmes, qui plus est ? - et que vous pouvez réécouter là pendant 7 jours.

Et j'ai trouvé beaucoup de raisons de m'inquiéter dans ce que j'ai entendu. Rassurez-vous, rien de bien grave, ce respecté monsieur bardé de prix (Médaille d'or du CNRS, Japan Prize, Wolf Prize et donc Prix Nobel de physique) n'a pas pour hobby la construction de robots tueurs nucléaires, non mais beaucoup de non-dits, de questions, de réponses m'ont inquiété à propos du prochain prix nobel français.

En premier lieu, même si c'est anecdotique, on apprend le peu d'intérêt pour la science de la ministre en exercice.

Il faut savoir que le prix Nobel de physique a été attribué à Albert Fert et Peter Grünberg. L'un français, s'intéressait aux propriétés de la matière, le moment magnétique des électrons, l'autre allemand se penchait sur des phénomènes magnétiques. Tous deux ont réussi à faire avancer le schmilblick peu attrayant de la magnétorésistance géante et permis le développement d'une partie de la science appelée spintronique qui a permis, entre autres, d'accroitre la capacités des disques durs, de créer des nouveaux types de capteurs, de développer de nouveaux outils d'imagerie médicale.

La ministre en charge de la Recherche, Valérie Pécresse, s'était, dans un premier temps, félicité de la coopération franco-allemande qui avait permis l'élaboration de la spintronique (selon les déclarations du journaliste-intervieweur, non confirmées par le communiqué de presse officiel du ministère de l'enseignement et de la recherche). En l'occurence, ce n'est pas le cas, puisque l'on est dans le cadre de deux chercheurs découvrant simultanément la même chose. L'aspect collaboratif de leur travail s'est limité à la lecture de leurs publications mutuelles, l'un avancant conjointement avec l'autre, s'aidant des avancées de son confrère (et réciproquement).

Ne voyez pas de malice politicienne derrière cela, mais c'est quand même un peu inquiétant, de s'apercevoir que le ministre de tutelle ne connaît bien un dossier et, même si c'est dans la précipitation d'une annonce, se méprend sur l'un des modes de fonctionnement assez classique de son domaine d'activité. Cette petite imprécision est anecdotique mais si j'insiste, ce n'est pas effectuer un jugement lié à la couleur politique de Madame Pécresse, elle importe peu dans ce cas précis, mais pour souligner le manque global de culture scientifique chez nos concitoyens et particulièrement parmi ceux qui nous gouvernent (J'en parlais d'ailleurs un peu hier chez Yves Duel).

En second lieu, et là c'est très loin d'être anecdotique, on apprend le gâchis de la recherche française à l'occasion de cette découverte.

Albert Fert et Peter Grünberg ont découvert, à peu près en même temps, la même chose. Ils ne marchaient pas main dans la main, mais l'un et l'autre ont suffisament découvert sur le sujet pour permettre à la science de faire un petit pas et à la technique de faire un grand saut en avant. Les applications de la spintronique sont nombreuses et déjà présentes dans de nombreux objets : du disque dur haute capacité présent sur mon ordinateur portable jusqu'à  des machines encore en développement.

Si dans le domaine des sciences, ce n'est pas si important de savoir qui a été le premier, dans le domaine de la technique, l'enjeu est différent. L'utilisation d'une technologie dans une machine passe par un brevet destiné à son application industrielle et, à ce titre, permet d'engranger des millions d'euros (10 pour le premier brevet) pour qui en est le propriétaire.

Et la course au brevet entre le laboratoire de Fert et celui de Grünberg a été perdue par la France. C'est réellement dommage qu'un grain de sable dans la machinerie administrative et compliquée du système de recherche français n'ait pas permis de récolter de cette découverte autre chose que les honneurs d'une médaille aussi jolie soit-elle. Car c'est avec de l'argent qu'on fait de la recherche pas avec des honneurs : pour payer des gens, pour acheter du matériel ou plus simplement pour rénover des locaux.

Troisième point, et sur celui-là, contrairement au précédent, j'insiste sur l'aspect politique du volet, on s'inquiété pour l'avenir de la recherche en France.

Albert Fert n'a certainement pas gagné son prix Nobel par accident mais ce serait mentir que de dire qu'il n'y a pas une part de hasard dans sa récompense. Parce que, voyez-vous, il faisait de la recherche fondamentale, ce truc qui n'intéresse personne à part quelques passionnés. Jamais, quand il a commencé ses travaux, il n'a voulu améliorer la technologie des disques durs. Il a simplement voulu comprendre une toute petite partie du monde qui concerne une propriété de la matière. Il se trouve que ses travaux ont débouché sur toute une palette d'applications industrielles mais peu de gens auraient pu imaginer la portée de ses travaux de recherche quand il a débuté sur ce sujet.

En d'autres termes, Fert a trouvé quelque chose en cherchant à mieux comprendre le monde mais certainement pas en cherchant la solution précise à un problème donné. Sa démarche de recherche fondamentale a abouti à une application mais c'est un chercheur mais certainement pas un ingénieur qui cherche une solution précise à un problème.

Tout l'enjeu des politiques de recherche de l'avenir est là, dans cet équilibre à préserver. Il faut à la fois permettre aux chercheurs de pouvoir continuer à comprendre le monde dans des conditions acceptables (entre autres avec des salaires, des équipes et des locaux décents) d'une part et, d'autre part, en permettant à ceux-ci d'être extrêmement réactifs et proches de l'industrie quand ils touchent du doigt une solution qui peut changer le quotidien et leur rapporter de l'argent.

C'est un équilibre extrêment difficile à établir puisqu'il demande à la fois des crédits et de l'indépendance. La loi sur l'autonomie des université qui a été examinée en première lecture cet été pose la question de cet équilibre extrémement difficile à maintenir : en fonctionnant plus avec l'argent de l'industrie, l'université française fonctionnera probablement mieux dans un certain nombre de domaines : la formation dispensée risque d'être plus en adéquation avec le marché du travail et certains crédits de recherche risquent d'être multipliés de manière conséquente. Mais il faut aller au-delà de ce qui apparaît comme une évidence et essayer de voir à plus long terme quel impact un tel changement structurel aura-t-il sur la recherche fondamentale.

Quel industriel , en position de financer les travaux d'Albert Fert aurait, à l'époque où il a débuté, réellement pris le risque de financer des travaux  théoriques sur les propriétés du spin des électrons ?

L'entreprise, par définition, attend un retour sur investissement : elle fait principalement du développement (c'est le rôle même de l'ingénieur) et de la recherche appliquée (c'est à dire qu'elle est prête à prendre un risque si la technologie qui découlerait de ses travaux peut avoir une application). Comment l'inciter à investir sur un domaine de recherche fondamentale qui ne débouchera peut-être pas du tout (C'est le principe, même de la recherche, parfois, on ne trouve pas.) ou avec une rentabilité faible (Parfois, on ne trouve pas grand chose) ?

Ces questions, les trois, doivent être posées avant de lancer un cocorico triomphal et triomphant sur le prix Nobel d'Albert Fert :

- Comment améliorer le niveau global de la culture scientifique dans ce pays ? C'est indispensable pour susciter des vocations à tous les niveaux1 et permettre une meilleure communication entre les chercheurs et les administrateurs.

- Comment permettre plus aisément aux laboratoires de recherche de capitaliser sur leurs découvertes et avancées ?

- Comment réussir à préserver l'existence d'une recherche fondamentale dans un système financée par des industriels ?

Car ne nous trompons pas, cette distinction suédoise ne récompense pas le travail d'un homme et de son laboratoire depuis les cinq dernières années, mais une carrière. Le temps de la Recherche est long (la clé de voûte de ce prix Nobel a été trouvée en 1988, il y a dix neuf ans) et il faut penser les problèmes avec cet échéancier-là en tête.

Si les réponses fournies ne sont pas satisfaisantes, l'impact ne sera pas à court terme mais très long et les prix Nobel non obtenus dans vingt ans, ne seront rien en comparaison de la perte de compétitivité industrielle qui en découlera.


1 je rappelle que les Sciences Physiques sont à l'heure actuelle la seule matière que l'Education nationale ne daigne pas enseigner en classe de sixième.



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Jalabert et Sarkozy

Le 17-07-2007
Cyclisme, journalisme et politique

Lu là bas :
"J'ai moins aimé. L'émotion qui m'a traversée lors de l'interview du Chef de l'Etat. Même si le Président Nicolas SARKOZI (sic ...) est un homme abordable c'était pour moi une grande première. La pression était très forte pour ce tête à tête suivit par des millions de personnes !!".
C'était très amusant ce moment inattendu, au milieu d'une étape du Tour de France, d'un consultant sportif (les anglo-saxons disent "Color commentator", je préfère ce terme, en France, on consulte à tour de bras). et soyons honnêtes, très frais. En premier lieu, en terme d'image, l'interview avait l'air improvisée. Peut-être n'était-ce pas le cas, même si j'en doute au vu de la coquille sur le site du héros (hérault) français du cyclisme. Mais il y avait quelque chose de réconfortant à voir un homme de la trempe de Laurent Jalabert (qui quoiqu'on en dise et pense du cyclisme est un homme dont on ne peut louer que le courage et l'achanement.) être aussi impressionné par le fait de poser des questions à un homme choisi par la majorité des français. Le contraste était fort entre celui qui s'était improvisé journaliste (et s'en sort merveilleusement bien d'ailleurs au niveau sportif) et celui qui, par nécessité et goût professionnels, manie tous les aspects de la communication télévisuelle. Il était fort aussi cet instant entre cet homme, projeté là sur une moto par les circonstances et un ancien coup de pédale impressionnant, et tous ceux qui d'habitude, murmurent des questions préparées à l'avance avec un sourire aussi courtois qu'un ton de connivenceà peine dissimulé.

Bien sûr, ce ne sera qu'anecdotique mais c'était très touchant de voir finalement cet ancien champion, qui a traversé de nombreuses épreuves, souvent avec succès et joie, parfois avec douleurs, mais même dans les larmes et le sang, apparaître touché par toute une nouvelle palette d'émotions. C'était un instant fort car il était vrai.

Oui, Laurent Jalabert était moins à l'aise devant son micro que ces français sélectionnés, panellisés et formatés "pour ne pas être trop peu télégéniques" qui questionnaient les candidats à la fonction cet hiver. Oui Laurent Jalabert était proche de l'émotion et du respect que nous aurions-nous, tous, envers la fonction que représente Nicolas Sarkozy (et ce quoiqu'on pense de l'homme et quoiqu'on ait voté). Oui, Laurent Jalabert était plus vrai que tout ce que nous livre tout le petit écran depuis des années, y compris ce que l'on nous vend comme de la télé-réalité. Il était lui même, humain, simple citoyen respectueux des institutions de notre pays, à cheval sur un deux roues dans les lacets du Galibier.

Et à l'heure où les hommes d'Etat feignent de s'intéresser aux sportifs ou parfois même les admirenet réellement, ce moment de vérité remettait les choses à leurs places. Il indiquait qu'il est infiniment plus difficile de mener un pays qu'une équipe à la victoire, que conduire un pays est beaucoup plus ardu qu'un vélo car les chutes ou les sorties de route n'ont pas les mêmes conséquences.




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La parité en politique

Le 25-05-2007
Ce qu'il faut en savoir en chiffres

Concernant la parité en politique, j'ai rédigé un article en deux parties :
  • L'une présentant les idées et actions législatives reliées au sujet (disponible uniquement sur Latéral, mon blog politique).
  • L'autre présentant des résultats chiffrés que vous trouverez reporté aussi sur ce blog.
Nous distinguerons donc la représentation des femmes dans les deux pouvoirs législatifs et éxécutifs communs à la France métropolitaine.

Au niveau du pouvoir législatif :

Il y a actuellement 981 parlementaires français pour 165 femmes ce qui représente une part totale de 16,82 %.

Au niveau du parlement européen :

Les élections ont eu lieu en 2004 et au scrutin proportionnel par liste. Les obligations légales permettent un résultat très proche de l'idéal de la répartition 50 / 50.


Parlement Européen (2004)
Groupe
Total Femmes Taux de Parité
PS
31 14 45,16%
UMP
17 9 52,94%
UDF
11 5 45,45%
FN Suppléance -1 7 2 28,57%
Verts
6 3 50,00%
PCF/PCR
3 0 0,00%
MPF
3 0 0,00%
Total
78 33 42,31%
 
Table 1 : La parité aux élections européennes de 2004

Note : Le jeu de la suppléance a fait que 34 femmes ont été élues et que 33 siègent actuellement suite au remplacement d'une femme par son colistier.


Graphe 1 : Classement par parti selon la parité au Parlement Européen.

Les obligations légales permettent d'obtenir une forte représentation des femmes pour tous les partis ayant obtenus plus d'un siège dans une des régions administratives liées à une liste.
Source : Wikipédia

Au niveau du Sénat :
Les élections ont eu lieu en 2004 et au suffrage universel indirect. Le mode de scrutin est mixte (proportionnel & à la majorité) ainsi qu'en cours de réforme, rappelons simplement que le Sénat n'est jamais renouvellé intégralement et qu'une bonne partie de cette chambre a été élue avant la loi sur la parité.

Sénat (2004)
Groupe Détails du groupe Total Femmes Taux de Parité
UMP UMP 155 18 11,61%
Socialiste PS + Verts 97 21 21,65%
UDF + UC UDF + UC 33 6 18,18%
CRC PCF + MRC 23 9 39,13%
RDSE PRG + PR 16 1 6,25%
Divers Non Inscrits 7 1 14,29%
Total
331 56 16,92%

Table 2 : La parité aux élections sénatoriales de 2004

Note : On s'amusera avec une certaine ironie de voir que le Sénat a un taux de représentation féminine supérieure à la moyenne totale alors que ce fut historiquement la chambre qui fit tout dans l'entre deux guerres pour s'opposer au vote des femmes.


Graphe 2 : Classement par parti selon la parité au Sénat.

Il est paradoxal de constater que le groupe majoritaire en sièges n'est pas le nombreux en sièges féminins, est-ce le fait de la prime au sortant ?

Source : Sénat
Au niveau de l'Assemblée Nationale :
Les élections ont eu lieu en 2002 et au suffrage universel direct à deux tours. Les dispositions légales basées sur des sanctions financières pour qui ne respecte pas la parité en terme de candidats présentés ne semblent pas optimales.

Assemblée Nationale (2002)
Groupe Détails du groupe Total Femmes Taux de Parité
UMP UMP 359 43 11,98%
Socialiste PS + MRG 149 25 16,78%
UDF UDF 29 1 3,45%
PCF PCF 21 4 19,05%
Divers Non Inscrits 14 3 21,43%
Total
572 76 13,29%

Table 3 : La parité aux élections législatives de 2002

Note : Pour information, aucun des groupes parlementaires constitués n'a présenté de listes avec un équilibre hommes/femmes. Tous ont donc été victimes de sanctions financières.


Graphe 3 : Classement par parti selon la parité à la Chambre des députés.

Concernant la parité des candidatures :

UMP (19,7 % de femmes candidates)
UDF (19,9 % de femmes candidates)
PS et le PRG (34,6 % de femmes candidates)
PCF (43.8 % de femmes candidates)

Source : Assemblée Nationale

Synthèse globale par partis :
L'exercice qui consiste à savoir quels partis sont, en pratique, les plus proches de la parité est un peu difficile. En effet, l'efficacité législative est diverse le type de scrutin et donc l'assemblée : plutôt efficace au scrutin proportionnel et contestable au scrutin majoritaire. Le jeu des alliances et des constitutions de groupes parlementaires est parfois complexe : le PS siège avec le PRG à l'Assemblée mais séparément au Sénat, Les Verts siègent avec le PS au Sénat mais pas à l'Assemblée. On peut cependant globaliser et comparer en ne considérant que les partis comprenant au moins des représentants dans deux assemblées sur 3 et un appartenant à au moins un groupe parlementaire dans une chambre nationale.

 
Synthèse globalisante par parti

Total Femmes Taux de Parité
UMP 531 70 13,18%
PS+PRG+Verts 299 64 21,40%
UDF 73 12 16,44%
PCF 47 13 27,66%

...

Total 981 165 16,82%

Table 4 : La parité par parti (synthèse globalisante)


Graphe 4 : Classement globalisant par parti selon la parité.


Au niveau du pouvoir éxécutif :

Au niveau national :

Il est difficile de considérer la notion de parité dans l'éxécutif puisque les formules et structures de gouvernement changent selon le Premier Ministre. On va cependant tenter de réaliser une comparaison entre gouvernements et que certains postes comptent plus que d'autres (Un ministre d'Etat est plus important qu'un secrétaire d'Etat, l'un est numéro deux du gouvernement, l'autre ne siège pas toutes les semaines au conseil des Ministres).

J'ai pris le parti d'établir une formule coefficientée arbitraire :
  • Pour tout ministre, il est appliqué un coefficient 1.
  • Pour tout autre fonction permettant de sièger au conseil des ministres (Secrétaire d'Etat, Ministre délégué, etc ...) est appliqué un coefficient 1/3.
Avec une telle méthode, on peut aisément chiffrer :
La part des femmes au gouvernement (Rapport brut)
La part "réelle" des femmes en fonction de l'importance de leur poste (via la pondération par le coefficient).
Le degré de sincérité de la parité (si le rapport Coefficienté est supérieur à celui Brut, il ya plus de femmes à des postes importants).


Nombre de ministres Autres Rapport parité

Total Femmes Total Femmes Brut Coefficient
Fillon I 15 7 5 0 33,33% 39,62%
Villepin (Final) 16 2 15 4 18,75% 15,15%
Raffarin I 15 3 13 3 20,69% 19,67%
Jospin I 14 5 12 3 29,63% 31,58%

Table 5 : La parité par parti (synthèse globalisante)

On notera, par exemple, le faible de taux de représentation féminine des deux gouvernements sélectionnés (Raffarin I et Villepin Final) du second mandat de Jacques Chirac qui avait pourtant formulé dans ses voeux de 2006 l'importance de la parité.

On signalera par honnêteté intellectuelle que le Gouvernement Fillon I sera complété après le scrutin législatif et que le gouvernement Jospin I fut composé en 1997 soit avant la loi sur la parité dont il est à l'origine.


Graphe 5 : Vision des effectifs gouvernementaux et parité.

Au niveau des collectivités locales :

Les graphiques et tables du rapport 3554 de Marie-Jo Zimmermann présentent une étude complète à ce sujet.

Rappelons juste deux faits :

Sur 22 régions en France métropolitaine, une seule se voit dirigée par une femme (Poitou-Charentes).

Les trois régions où les femmes sont le plus représentées dans l'éxécutif (présidence, vice présidence)d'un conseil régional sont :
L'Ile de France, la Bretagne, le Poitou-Charentes ( 50 % ou plus )
Les trois régions où les femmes sont le plus représentées dans l'éxécutif d'un conseil régional sont :
La Basse Normandie, le Centre, la Corse ( 25 % ou moins )



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