Le 05-07-2006
Initialement paru le 22 juin 2006
Avec Bande à part, Marc Colin et Olivier Libaux réalisent un deuxième disque qui prolonge l’idée qu’un premier album réussi avait initiée. Le concept de Nouvelle Vague est ainsi décliné une seconde fois : orchestrer des standards de la new wave en bossa nova, en se basant sur une amusante coïncidence linguistique.
Le challenge pour ce deuxième volet était double : réussir à renouveler une bonne idée sans pour autant la trahir. Colin et Libaux se doivent de garder l’esprit de leur premier succès sans pour autant donner l’impression de ne livrer ici que des brouillons, ratés ou autres fonds de tiroir du premier opus.
Et c’est avec tout leur talent d’arrangeurs et l’appui de musiciens doués que Colin et Libaux vont contourner l’obstacle. Là où Nouvelle Vague prenait, selon son propre concept une couleur musicale brésilienne, Bande à part, elle, a par moment des sonorités plus caribéennes. Si quelques sons d’oiseaux tropicaux agrémentent ainsi la reprise du Killing Moon d’Echo and The Bunnymen, c’est grâce à des percussions aux influences bien éloignées du brésil que l’album se démarque de la ligne sonore de son prédécesseur. Mais c’est surtout par la présence constante mais cependant discrète d’un accordéon que s’effectue ce virage. Le Fade to Gray de Visage se retrouve ainsi transfiguré : les nappes de synthétiseurs de ce classique révèlent ainsi tout leur pouvoir mélodique, jouées au piano à bretelles, tandis que les solos gagnent un véritable relief interprétés par des steel drums.
Tous les autres ingrédients du succès précédent sont au rendez-vous : orchestrations originales et soignées, casting d’invités vocaux impeccables. L’absence de Camille, brillante lors de son exceptionnelle performance passée sur Too drunk to fuck, est compensée par Gerald Toto, seul homme de la distribution mais certainement pas le moins brillant. La sélection musicale s’avère elle aussi de très haut niveau, ne sont repris que des standards des années 80, du Don’t Go de Yazoo au Bella Lugosi’s Dead de Bauhaus en passant par Blondie (Heart of glass) et New Order (Blue Monday). Rien de bien neuf émotionnellement à ce propos, l’auditeur oscillera selon son niveau de passion pour cette période entre la découverte, l’admiration face à une cover réussie et le sentiment de sacrilège.
Il n’y a rien à reprocher d’autre à cette Bande à part que les défauts du premier album et pourtant cet album apparaît moins bon, plus fade, moins brillant que son prédécesseur. S’il plaira aux grands érudits musicaux à la discothèque bien fournie, tout heureux d’y trouver quelques très bonnes reprises de leurs morceaux favoris, il ne déplaira pas non plus aux néophytes qui y trouveront la bande sonore idéale d’un apéritif entre amis et en terrasse. Mais hélas, pour les uns comme pour les autres, on peut s’interroger sur l’attrait qu’exercera encore un tel disque au bout de quelques mois.
Nouvelle Vague était une bonne surprise qui, aussi originale soit-elle, avait réussi à lasser au fil du temps et des écoutes ses auditeurs les plus fanatiques. Bande à part, sa suite logique, bien que réussie, est un disque du même genre, mais qui ne bénéficie pas de l’effet de nouveauté. On ne peut donc hélas que s’interroger sur l’avenir qu’aura un tel disque, une fois l’engouement initial passé. Sans doute deviendra-t-il le disque de chevet de tout designer sonore, mais aussi bon soit-il, il ne restera finalement qu’un des sommets de cet art mineur qu’est la musique d’ascenceur.
Cette critique est initialement parue il y a deux semaines dans Culturofil, le webzine culturel auquel je collabore et sur lequel vous retrouverez toutes mes humeurs musicales en exclusivité.

























Commentaires
1+1=1
Cet album est dans la continuité du premier, c'est vrai ; rien de nouveau, mais il est bien agréable à écouter et je pense que dans quelques mois ou années je l'écouterai autant que le premier, de manière un peu aléatoire. Pourquoi pas même les deux à la suite, pendant un apéro comme tu dis. Ce n'est pas une particularité de Nouvelle Vague, il y a d'autres artistes aux compositions originales dont je ne différencie pas vraiment les albums et que j'écoute un peu au hasard, selon mon humeur (tiens, aujourd'hui ce sera cet album-ci, mais ça pourrait en être un autre...) : c'est le cas de Cat Power, Jack Johnson, etc., dont les disques se ressemblent tous mais procurent indifféremment le même plaisir.
Nuno - 20.10.06 à 12:34 - # -
Gerald Toto, le site !
Hello !
Afin de mieux connaître Gerald Toto, LE chanteur de Nouvelle Vague et de suivre son actualité solo, vous êtes invités sur son site : http://www.geraldtoto.net
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Bonne visite
fabm
fabm - 25.11.06 à 23:22 - # -