Le 20-08-2006
Psychomachinerie expérimentale
Depuis peu, j'ai un nouveau psychomachin (en utilisant le terme générique qui sert à désigner les gens qui tentent de sonder mon intellect et ses méandres tortueux). Autant l'avouer, je n'ai eu qu'une confiance toute relative en lui au début. Mais maintenant, ça va beaucoup mieux, pour preuve la dernière séance que nous avons réalisé.
Tout avait pourtant commencé de manière assez classique avec à mon arrivée, son re flet aperçu par la vitre d'une porte ouverte, la tête penchée sur une tasse fumante et entouré de quelques collègues. A force, on a ses repères : Rendez-vous à dix heures signifie Heure de la pause café. Son secrétariat m'informe avec la mythomanie mesquine de la respectabilité que le docteur est dans son bureau et qu'il va bientôt me recevoir alors que je l'entends, du fauteuil où je me consacre à l'attente et aux sudokus1, discuter épisodiquement des projets de congès de ses collègues.
Au bout d'un temps relativement important, l'homme qu'un jour le processus de guérison devrait me faire mettre sur un piédestal surgit et m'invite à commencer la séance. Je passe rapidement sur une foule de détails, notamment l'énumération des symptômes que provoquent les cachets qu'il me prescrit : je ne suis victime que de troubles de l'appétit qui me conduisent à faire parfois cinq repas par jour, de modifications dans mon rythme de sommeil déjà hasardeux, de troubles de l'équilibre, rien de bien grave ...
Le coeur du problème est ailleurs, nous le savons tous deux, dans cette inactivité qui me pèse d'autant plus qu'en ce moment, j'ai un petit peu de mal à me déplacer puisque ma vie ressemble à une comptine enfantine (Et le genou, et le pied et la tête, alouette ...). La condition de chômeur dépressif n'est pas aisée (et ne croyez pas que ce soit facile malgré les apparences) et on finit par ne plus avoir aucune estime de soi au point de trouver une émission de télé animée par Thierry Beccaro intéressante ou pire encore regarder attentivement ce spot du télé achat sur la crème qui guérit tout à base de bave d'escargot.
Après cette énumération existentielle, notre rendez-vous se termine par la prise du suivant légèrement reporté puisqu'il est en congés. Solide poignée de main et formules de politesse de rigueur qu'il conclut par un cordial "bonnes vacances".
Tout avait pourtant commencé de manière assez classique avec à mon arrivée, son re flet aperçu par la vitre d'une porte ouverte, la tête penchée sur une tasse fumante et entouré de quelques collègues. A force, on a ses repères : Rendez-vous à dix heures signifie Heure de la pause café. Son secrétariat m'informe avec la mythomanie mesquine de la respectabilité que le docteur est dans son bureau et qu'il va bientôt me recevoir alors que je l'entends, du fauteuil où je me consacre à l'attente et aux sudokus1, discuter épisodiquement des projets de congès de ses collègues.
Au bout d'un temps relativement important, l'homme qu'un jour le processus de guérison devrait me faire mettre sur un piédestal surgit et m'invite à commencer la séance. Je passe rapidement sur une foule de détails, notamment l'énumération des symptômes que provoquent les cachets qu'il me prescrit : je ne suis victime que de troubles de l'appétit qui me conduisent à faire parfois cinq repas par jour, de modifications dans mon rythme de sommeil déjà hasardeux, de troubles de l'équilibre, rien de bien grave ...
Le coeur du problème est ailleurs, nous le savons tous deux, dans cette inactivité qui me pèse d'autant plus qu'en ce moment, j'ai un petit peu de mal à me déplacer puisque ma vie ressemble à une comptine enfantine (Et le genou, et le pied et la tête, alouette ...). La condition de chômeur dépressif n'est pas aisée (et ne croyez pas que ce soit facile malgré les apparences) et on finit par ne plus avoir aucune estime de soi au point de trouver une émission de télé animée par Thierry Beccaro intéressante ou pire encore regarder attentivement ce spot du télé achat sur la crème qui guérit tout à base de bave d'escargot.
Après cette énumération existentielle, notre rendez-vous se termine par la prise du suivant légèrement reporté puisqu'il est en congés. Solide poignée de main et formules de politesse de rigueur qu'il conclut par un cordial "bonnes vacances".
Bonnes Vacances, à un type qui, comme moi, se languit d'être en état de travailler, je pense qu'il essaye de tester mon potientiel suicidaire (Rassurez-vous, il est à zéro). Il est fort quand même ...
1. Désolé, j'ai un problème avec les chiffres (je lui en parlerais un jour) et cette activité (assez idiote, je le conçois) en vaut bien une autre.
























Commentaires
Lien croisé
Les Enfants Rouges » Avec de vrais morceaux de folie dedans. : " ah oui forcemment, ça fait pas comme ça… http://labosonic.viabloga.com/news/413.shtml mais je trouve ça intéressant quand même.." rel="nofollow"
Anonyme - 20.08.06 à 19:17 - # -
Oulà, si tu deviens fan de Thierry Beccaro, je crois que tu vas venir diner tous les oirs à la maison jusqu'à ce que ça passe ! Comme ça, tu va m'apprendre plein de nouvelles recettes, cool !
Vroumette - 26.08.06 à 23:40 - # -
Je comprends très bien que l'état de chômeur dépressif s'accompagnant rarement d'une vaste aisance financière, tu aies plus qu'envie de retrouver un emploi
cependant il me semble très solidement
à te lire ici ou là, t'entendre causer cuisine, ou écrire sur la musique ou tant d'autres choses
que tu es tout sauf inactif. Et plutôt plus que bon dans chacunes de ces activités.
Ce n'est pas tant un problème d'estime de soi que de manque de reconnaissance économique de tes compétences, non ?
PS : le "bonnes vacances" combien de fois même en étant salariés d'entreprise, on y a droit sur le même mode, alors que nous n'avons pas, loin s'en faut, les mêmes que nos éventuels enfants.
Sans compter combien il est triste de se l'entendre dire quand on dispose de congés mais pas des finances pour les délocaliser
(je ne parle pas spécialement pour moi qui ai la chance d'une alternative normande)
gilda - 29.08.06 à 20:32 - # -