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Hallucination musicale

Le 21-06-2007

La fête de la musique m'a toujours laissé froid. Dans le meilleur des cas, elle ne m'offrait qu'une occasion de plus pour picoler de mauvais alcools, dans le pire, elle m'exaspérait profondément. Cela doit être le lot de tous les mélomanes de ne pas pouvoir supporter le 21 juin et sa cohorte de musiciens à la petite semaine, voire le plus souvent au minuscule mois, sortir une fois l'an leurs instruments de la naphtaline pour mieux remplir le tiroir caisse de quelque limonadier.

Cependant, il me faut bien avouer qu'à cette date je ne peux jamais m'empêcher de sortir, histoire d'humer par les oreilles l'air du temps de ce qu'écoutent mes contemporains moins passionnés et enthousiastes que moi. En plus de m'adonner à l'un de mes sports favoris, se perdre dans la foule, j'y trouve parfois le plaisir de découvertes improbables - J'ai souvenir de clones de Soeur Sourire dont le premier degré était très réjouissant.

Cette année, comme à l'habitude, j'ai sacrifié à ce rituel, en maugréant d'avance contre le manque de discernement de mes contemporains qui chaque année préfèrent Louise Attaque aux Kinks, Michel Sardou à Carl Craig et Village People à Jacno. Mais très vite, à peine sorti du laboratoire sonique qui me sert de domicile, mes pensées se sont égarées. Jamais, au grand jamais, je n'avais autant déambulé dans des rues aussi vides de musiciens. Je sais bien que mon quartier n'est ni branché, ni moderne (même si les léections législatives ont créé une surprise puisqu'il a fallu deux tours pour réélire le député de l'UMP) , ni même très populaire. Mais, quand même, entre deux stations de métro, j'avais quand même l'habitude de croiser une dizaines de formations soit-disant musicales qui révisaient leur solfège et tentaient tant bien que mal de faire croire que ce pouvait être la fête de la Musique et non sa défaite. Ce 21 juin, rien, ou presque, j'ai même du faire deux grands tours de paté de maison pour croiser au total : 5 groupes alors que d'habitude j'en aurais croisé plus d'une vingtaine sur le même trajet.

Je ne peux que m'interroger sur cet état de fait. La France a-t-elle enfin compris que ce jour n'était que le jour de gloire des besogneux de la partition ? Je ne peux pas le croire. J'ai constaté ce soir même les ravages de Johnny Haliday sur le cerveau de mes contemporains et écouté, pour ma plus grande peine, l'enthousiasme que pouvait soulever un "Allumer le feu" chanté par le plus minable des chanteurs que j'ai jamais croisé. Le climat était loin d'être moins clément que les années précédentes et le calendrier aussi favorable (pas de match de football prévu ce soir ou autres choses du genre).

Et pourtant, les rues semblaient désertes et silencieuses et ça m'a encore plus déplu que quand elle fait du bruit. La France doit vraiment se lever tôt demain ...



3 Commentaires


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Commentaires

:-)

Désolée que tu aies passé une mauvaise fête de la musique mais ravie de voir que tu es encore vivant... ça fait un bail que j'avais plus de nouvelles et c'est pas l'absence de mots nouveaux ici qui me rassuraient

µ

µ - 22.06.07 à 00:56 - # -

Contente que tu réapparaisses (oui tu vas peut-être me dire que tu écris ailleurs mais que veux-tu, pour moi ton blog c'est celui-là) et aussi par ailleurs également d'une certaine façon rassurée car j'avais eu le même sentiment que toi (une fête peu fréquentée et d'ambiance plombée), mais sans savoir si c'était une fausse impression personnelle ou pas.

J'ai d'ailleurs vécu ma première fête de la musique sans musique (écoutée ou produite) - exception faite probablement de l'année où mon fils s'apprêtait à naître et où j'étais trop crevée et difficile à déplacer - .

En revanche pas d'accord du tout sur les fêtes de la musique d'antan, il faut dire aussi que j'y ai souvent accompagné un ami et son groupe de jazz et qui était d'un très bon niveau. C'était LA soirée de l'année où au lieu de jouer en occasion privées (un mariage, un anniversaire ...) ils pouvaient jouer en liberté pour les amis qui venaient et les passants qui s'arrêtaient.

gilda - 22.06.07 à 09:44 - # -

Youpla boum

Un nouveau billet cynique au possible, j'adore.

Alors, oui, ce que tu dis est vrai, mais je trouve que sur Paris, on peut avoir de vraies très bonnes surprises selon les années...

Moi l'année dernière, je suis entrée assez tard dans la Maroquinerie, poussée par la curiosité et j'ai vu un duo Louis Chedid/M qui m'a tiré des petites larmes....

Bon hein, c'est pas tous les ans, (confère mon blog cette année) on est bien d'accord...

Marloute - 25.06.07 à 12:18 - # -

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