Le 05-04-2005
Archive du 5 Avril 2005
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u comment battre, jour après jour, le record du titre d'article le plus stupide du monde. Mais entre nous, il faut ce qu'il faut, puisque je vais céder à la tentation de vous parler de mes contemplations télévisées. |
Désolé d'aborder un sujet aussi trivial mais j'ai un peu que ça à foutre de mes journées, aussi.
La télévision, par le truchement du service public, nous a offert un panthéon historique plébicité à coups de SMS surfacturés. En gros, sans métaphores, ni mots compliqués (même si j'adore le mot truchement), je vais vous parler de l'émission sobrement intitulée "Le plus grand français de tous les temps". Basé sur le bon vieux principe du Vox Populi, Vox Dei, ce classement vient donc de se proposer de classer les gens qui ont fait l'histoire de France. Je veux bien que l'Histoire ne soit qu'un long cortège de vainqueurs (Les amateurs apprécieront la référence) mais, merde, la vie n'est pas une course cycliste, avec De Gaulle en tête et Michel Drucker qui commente du milieu du peloton. Je suis désolé mais on peut pas mettre sur le même plan ce qui n'est pas comparable.
C'est comme si on demandait aux gens de voter pour le meilleur légume de tous les temps et qu'on se retrouvait avec une finale Pomme de terre (Très populaire mais aux fans assez infidèles) contre Radis Noir (Moins connu mais avec uniquement des inconditionnels).
Pour la peine, je voulais vous raconter l'histoire d'un monsieur qui devrait être, autant que des miliers de gens, le plus grand français de tous les temps. J'ai une affection toute particulière pour ce monsieur, André Isaac, fils de boucher juif, qui en un siècle modernisa l'humour, la parodie en créant un organe de presse satirique, fit les belles heures de la radio française, notamment en animant une petite radio, la BBC de 1942 à 1944. et puis, j'ai trouvé cette très jolie petite note bibliographique sur Pierre Dac, puisque c'est son pseudonyme.
Elle raconte à peu près tout ce que je voulais dire d'important sur ce monsieur que j'aime beaucoup, y compris cette altercation politique qu'il eut par micros interposés avec un fâcheux faciste. Voilà, donc allez-y et lisez, vous verrez et comprendrez pourquoi, je n'ai pas fait un petit lien sur une notule d'un site qui extrait deux ou trois citations et fait du name-dropping sur les gens avec qui il a travaillé (Francis Blanche, Jean Yanne, René Goscinny, j'en passe et des meilleures).
Le rythme de la vie moderne ne nous permet pas de nous arrêter un instant sur le bord du trottoir de l'existence.
Cette jolie citation, que je place en exergue, n'est sans doute pas la plus drôle qu'il ait écrite. Mais, elle me plaît. Elle est à l'image du personnage et résume assez bien les raisons qui font qu'à chaque fois que je vais promener au Père Lachaise, invariablement, je monte un petit escalier et vais dans un coin contempler la plaque à son nom sur un mur. Pas Delacroix, ni Oscar Wilde, ni Desproges, ni Chopin, ni Calas, ni Musset.
Non, Pierre Dac, parce que la vie n'est pas qu'une course cycliste et qu'il est bon de temps en temps de s'arrêter sur le trottoir de l'existence, pour regarder autour de soi, comprendre et apprécier les choses.
Bon, je sais pas si tout ça a été clair mon affection pour Pierre Dac, mais allez, j'ai trouvé une citation sur lui qui vaut la peine :
Dire qu’il existe des gens qui préfèrent François Mauriac à Pierre Dac.
Comment se peut-ce ? Si je devais écrire une biographie un jour, j’écrirais celle de Pierre Dac. Je voudrais tant expliquer aux cons et aux jeunes l’importance de cet homme dans la pensée moderne. Pierre Dac est à l’esprit d'aujourd’hui, ce que Charles Trenet est à la chanson.
Merci Pierre Dac de nous avoir enfoncé tant de portes !SAN-ANTONIO (Emballage Cadeau, Editions Fleuve Noir).

























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