Le 07-05-2007
Et autres réflexion sur la démocratie à venir
La nouvelle est tombée, ce soir. Les chiffres ont ceci de particulier qu'ils rendent neutre toute information, qu'ils ôtent à toute réalité son caractère concret pour le rendre plus abstrait. La campagne électorale qui s'est terminée par le verdict des urnes fut riche mais il n'y a certainement pas à retenir des mois passés que des points positifs.
Il faudra, bien au-delà des résultats, considérer des discours qui ne furent pas qu'électoraux, pas même électoralistes mais résolumment populistes, démagogues, dont le contenu faisait souvent offense à l'intelligence de ceux qui ont pu y croire. Il faudra, bien au-delà des postes occupés hier, aujourd'hui et demain, se questionner aussi sur la manière dont la campagne a été couverte médiatiquement, ce qui a été moderne, ce qui a été hors d'âge et aussi ce que la communauté des internautes a pu apporter aux débats qui se sont déroulés (et tout ce qu'elle n'a pas fait).
On pourra, bien sûr, compter dans les jours qui viennent, les promesses tenues et non-tenues du nouveau Chef de l'Etat, constater au quotidien si le changement promis adviendra, s'il sera effectivement plus que brutal - tel qu'il m'apparaît depuis maintenant des mois - s'il opposera les uns aux autres, si ce changement ne sera pas un vecteur de division de la nation. Les thématiques discursives et les promesses n'ont jamais été aussi claires en ce qui concerne l'avenir qui se prépare qu'aussi ambigües au niveau idéologique - J'insisterais particulièrement sur l'idée véritablement nauséabonde qu'impliquait l'usage du mot race à propos de la Chine et je persiste à dire qu'il y a un "mal à dire ça", profondément anti-républicain.-. Et il y aura, probablement, dans le grand écart entre actes à venir et discours tenus, bon nombre de déceptions. Et je doute fort que, rétrospectivement, la France qui se lève tôt n'apprécie le premier acte de son nouveau champion, à savoir aller déjeuner dans un des plus coûteux restaurants parisiens.
Qu'importe, les urnes ont parlé et si leur voix sont aujourd'hui différentes de celle que j'ai pris le parti de faire exister, je les respecte1. Je regrette évidemment qu'aux cris de victoires des uns aient été mélées les odeurs des gaz lacrymogènes. Qu'au soir où le choix de tous se doit d'être respecté, quelques-uns ne voient qu'une autre occasion de grand soir2 ou que sais-je d'autre.
Pourtant, ne nous trompons pas sur ces incidents, même minoritaires, ils représentent l'expression d'un profond malaise démocratique qui n'est pas le fruit du hasard. Et l'exacerbation des divisions du pays, portée à son paroxysme dans les mois passés, n'y est pas étrangère et ne pourra être reconduite à la frontière. Il faudra composer avec ce qui a été détruit, pour reconstruire et certainement pas l'annihiler ou le reformater. C'est un défi d'autant plus difficile qu'il serait quand même naïf de ne pas voir en cela un symptôme.
Ce symptôme s'est, au fil de la campagne du nouveau chef de l'Etat, aggravé. A mesure qu'il l'entretenait comme on ferait couver un feu, il en promettait3 l'extinction. Et sa victoire de ce soir, malgré les chiffres, les pourcentages, les millions d'électeurs, ne masque pourtant pas les disparités profondes d'une population française, morcelée dans son choix électoral de manière exceptionnellement forte si l'on en croît les études qualitatives. Trois réalités s'imposent :
S'il y parvient, je lui tire d'avance mon chapeau. S'il échoue, la déception de ceux qui ont voté pour lui, sera au moins à la hauteur des espérances qu'il avait fait naître. Et quoiqu'on pense du discours de Mr Sarkozy, elles furent et demeurent grandes6. A ces déçus d'un demain où tout ne sera peut-être pas finalement si possible que ça, je ne me contenterais pas de dire qu'on les avait alarmé sur les conséquences de leur choix et je me joindrais à leurs luttes, si je les estime légitimes.
Et je le dis, parce que, ce soir, malgré les larmes d'amertume que je n'ai pas manqué de verser, je me considère, plus que jamais, dans le camp de ceux qui aiment la France et que je ne pense pas qu'il existe en ce pays un camp de ceux qui affichent une quelconque détestation de leur patrie, simplement parce qu'ils n'ont pas les mêmes idées que moi.
1. Et les respecterais toujours.
2. En minuscule(s) dans le texte.
3. Jeu de mots garanti premier choix, c'est pas n'importe où que vous en trouverez de tels, moi je vous le dis.
4. Pour conserver à ce texte son objectivité, j'ajoute que le calcul a été fait de tête (où je ne suis pas trop mauvais quand même 66% de 10.5% ~ 6,6%) et demanderait à être réalisé dans le détail, marges d'erreurs comprises.
5. Volontairement écrit avec cette graphie pour accentuer la profondeur de la fracture qui divise la France.
6. Notamment parce que je répugne à croire que le vote final d'une majorité de Français constitue une adhésion massive à certains des éléments de son discours.
Il faudra, bien au-delà des résultats, considérer des discours qui ne furent pas qu'électoraux, pas même électoralistes mais résolumment populistes, démagogues, dont le contenu faisait souvent offense à l'intelligence de ceux qui ont pu y croire. Il faudra, bien au-delà des postes occupés hier, aujourd'hui et demain, se questionner aussi sur la manière dont la campagne a été couverte médiatiquement, ce qui a été moderne, ce qui a été hors d'âge et aussi ce que la communauté des internautes a pu apporter aux débats qui se sont déroulés (et tout ce qu'elle n'a pas fait).
On pourra, bien sûr, compter dans les jours qui viennent, les promesses tenues et non-tenues du nouveau Chef de l'Etat, constater au quotidien si le changement promis adviendra, s'il sera effectivement plus que brutal - tel qu'il m'apparaît depuis maintenant des mois - s'il opposera les uns aux autres, si ce changement ne sera pas un vecteur de division de la nation. Les thématiques discursives et les promesses n'ont jamais été aussi claires en ce qui concerne l'avenir qui se prépare qu'aussi ambigües au niveau idéologique - J'insisterais particulièrement sur l'idée véritablement nauséabonde qu'impliquait l'usage du mot race à propos de la Chine et je persiste à dire qu'il y a un "mal à dire ça", profondément anti-républicain.-. Et il y aura, probablement, dans le grand écart entre actes à venir et discours tenus, bon nombre de déceptions. Et je doute fort que, rétrospectivement, la France qui se lève tôt n'apprécie le premier acte de son nouveau champion, à savoir aller déjeuner dans un des plus coûteux restaurants parisiens.
Qu'importe, les urnes ont parlé et si leur voix sont aujourd'hui différentes de celle que j'ai pris le parti de faire exister, je les respecte1. Je regrette évidemment qu'aux cris de victoires des uns aient été mélées les odeurs des gaz lacrymogènes. Qu'au soir où le choix de tous se doit d'être respecté, quelques-uns ne voient qu'une autre occasion de grand soir2 ou que sais-je d'autre.
Pourtant, ne nous trompons pas sur ces incidents, même minoritaires, ils représentent l'expression d'un profond malaise démocratique qui n'est pas le fruit du hasard. Et l'exacerbation des divisions du pays, portée à son paroxysme dans les mois passés, n'y est pas étrangère et ne pourra être reconduite à la frontière. Il faudra composer avec ce qui a été détruit, pour reconstruire et certainement pas l'annihiler ou le reformater. C'est un défi d'autant plus difficile qu'il serait quand même naïf de ne pas voir en cela un symptôme.
Ce symptôme s'est, au fil de la campagne du nouveau chef de l'Etat, aggravé. A mesure qu'il l'entretenait comme on ferait couver un feu, il en promettait3 l'extinction. Et sa victoire de ce soir, malgré les chiffres, les pourcentages, les millions d'électeurs, ne masque pourtant pas les disparités profondes d'une population française, morcelée dans son choix électoral de manière exceptionnellement forte si l'on en croît les études qualitatives. Trois réalités s'imposent :
- Le président de tous les Français est avant tout celui d'une classe d'âge née au sortir de la deuxième guerre mondiale ou avant.
- C'est tout aussi flagrant qu'il n'est pas celui de ceux qui ont des revenus modestes.
- C'est le président des électeurs du Front National4 qui, à eux seuls et par leur report de voix au second tour ont créé les conditions de l'écart qui l'à fait élire.
S'il y parvient, je lui tire d'avance mon chapeau. S'il échoue, la déception de ceux qui ont voté pour lui, sera au moins à la hauteur des espérances qu'il avait fait naître. Et quoiqu'on pense du discours de Mr Sarkozy, elles furent et demeurent grandes6. A ces déçus d'un demain où tout ne sera peut-être pas finalement si possible que ça, je ne me contenterais pas de dire qu'on les avait alarmé sur les conséquences de leur choix et je me joindrais à leurs luttes, si je les estime légitimes.
Et je le dis, parce que, ce soir, malgré les larmes d'amertume que je n'ai pas manqué de verser, je me considère, plus que jamais, dans le camp de ceux qui aiment la France et que je ne pense pas qu'il existe en ce pays un camp de ceux qui affichent une quelconque détestation de leur patrie, simplement parce qu'ils n'ont pas les mêmes idées que moi.
1. Et les respecterais toujours.
2. En minuscule(s) dans le texte.
3. Jeu de mots garanti premier choix, c'est pas n'importe où que vous en trouverez de tels, moi je vous le dis.
4. Pour conserver à ce texte son objectivité, j'ajoute que le calcul a été fait de tête (où je ne suis pas trop mauvais quand même 66% de 10.5% ~ 6,6%) et demanderait à être réalisé dans le détail, marges d'erreurs comprises.
5. Volontairement écrit avec cette graphie pour accentuer la profondeur de la fracture qui divise la France.
6. Notamment parce que je répugne à croire que le vote final d'une majorité de Français constitue une adhésion massive à certains des éléments de son discours.
























Commentaires
Juste une remarque à propos des "3 réalités".
Certes Sarkozy a bénéficié des bons reports des voix de Le Pen, le contraire eut été surprenant!
Mais on ne peut pas dire pour autant qu'il est le candidat du FN; N.S. est également le président de plus de la moitié des électeurs de Bayrou.
Pour moi , en résumé et caricaturalement il est le président des "des anciens, des ruraux, et des favorisés".
Maintenant wait and see ... et déjà nous avons remarqué quelques exemples plutôt déplaisant du personnage: sa "retraite ascétique", l'augmentation du personnel de l'Elysée pour accueillir toute sa famille, l'utilisation de tous les avantages de la fonction ... est déjà allé à Bregançon....
psykokwak - 22.05.07 à 20:02 - # -