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Le steak et la moustache, le docteur et moi.

Le 21-07-2007
et les coïncidences qui n'en sont pas

Quel cador, ce docteur Devo, il a critiqué pour Matière Focale, Steak de Quentin Dupieux et, à l'inverse de nombreux autres critiques, il l'a regardé, vraiment, avec ses propres yeux, sans a priori et tenté de comprendre.

Dans son article, il raconte ce qu'il a vu. Devinez quoi, il raconte exactement la même chose que moi, quand j'avais entendu Moustache (Half a scissor) de Mr Oizo (qui est le nom de Quentin Dupieux quand il fait des disques). Il dit avec ses mots à lui, force détails et bien mieux que moi, mais exactement la même chose sur l'homme et sa manie récente de rater en faisant exprès tout ce qu'il fait après avoir tout réussi sans même l'avoir voulu.

Pour la peine, j'ai laissé un long commentaire chez lui (c'est si rare).

"Dupieux est cuit lui aussi. Il y avait dans STEAK pourtant une volonté courageuse et touchante de proposer autres choses".

C'est amusant cette histoire parce que pour bien connaître Dupieux en tant que musicien (artistiquement, entendons-nous bien, je l'ai croisé une ou deux fois dans des lieux parisiens mais nous ne nous sommes jamais parlés...), c'est quand même exactement la même démarche qu'il a accompli musicalement.

Il a vécu un conte de fée à ses débuts.

Il zonait dans le garage de son père et a croisé par hasard un musicien qu'il aimait bien. Ils discutent un peu, sympathisent et comme il lui dit en passant qu'il joue parfois avec une caméra super 8. Laurent Garnier, c'était lui, émet l'idée qu'il pourrait lui faire un clip. Quand il lui présente ses idées, il y en a tellement qu'ils décident d'en faire trois d'un coup et de les regrouper dans un moyen-métrage. Gros succès, public et d'estime, son téléphone sonne et Mr Levi's lui propose de faire une campagne de pub mondiale.

Là encore les idées ne manquent pas mais il manque une musique. Il bidouille un petit truc dans son coin. Et il fait un tube énorme ... En un an, il est passé du statut du type qui n'était rien à celui d'un mec courtisé par tous et dans plusieurs domaines.

En tout cas, le film est selon les mots de notre bon docteur "un décalque volontairement raté (...) [qui] ne vise pas la cible, mais un objet proche de la cible, ou alors la cible d’à côté !". Et c'est d'autant plus intéressant qu'il avait fait exactement la même chose avec son dernier disque : " il est (...) assez courant de rater un album de musique électronique. Mais, à ce point et de manière volontaire, cela relève de l’exploit." (Navré de l'autocitation). Dupieux, sous son nom de pellicule ou de musique, est en train, pour une raison que je n'ai pas encore réussi à saisir, de proposer une démarche artistique globale du sabordage. Un tel premier long-métrage et son dernier disque sont deux actes très forts. Ils ne sont pas ratés, ils sont gâchés, volontairement et regorgent de trésors incongrus, de pistes à peine ouvertes.

Ils sont comme l'a dit le Docteur "une autre chose qui mise sur l’implication du spectateur et sur son intelligence et sur son second degré.", un détournement du système à qui par hasard Dupieux doit tout.



1 Commentaire


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Commentaires

J'aime beaucoup "rater en faisant exprès tout ce qu'il fait après avoir tout réussi sans même l'avoir voulu".

Peut-être parce que sa me rappelle ma vie, dans un certain sens ...

Ton article en tout cas donne envie d'écouter / voir.

gilda - 21.07.07 à 11:03 - # -

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