Le 08-01-2006
Quatrième idée reçue
Le discours de Serge Rivron
sur ses coûts de fonctionnement est particulièrement éloquent bien que
schématique de ce que représente dans l'imaginaire collectif la SACEM
et les autres organismes de collecte.
Je ne vais pas partir sur une argumentation cherchant à savoir jusqu'à quel point le budget de fonctionnement de ces organismes est elevé ou pas, je ne suis pas fan des argumentaires à la Jean-Pierre Pernaud (d'autant plus qu'il est toujours plus aisé de réfléchir en parts, en pourcentages). Je vais juste préciser deux choses :
- Si la SACEM n'a pas toujours été à la hauteur (Il y a 10 ans la responsable d'une médiathèque municipale me confessait que l'organisme chargé de collecter les redevances était incapable, faute de moyens et de procédures, de réclamer son dû), elle a quand même pas mal progressé. Aujourd'hui, il est possible de sonoriser un site web personnel légalement pour un prix modique (2 € les dix titres diffusés par mois via SESAM).
- Les droits d'auteurs en France sont particulièrement protecteurs des artistes et j'estime que c'est tant mieux.
On ne compte pas dans la mythologie rock anglo-saxonne les artistes qui se sont fait spolier de tout par des producteurs véreux : David Bowie a passé le deuxième tiers de sa carrière à amasser de l'argent pour racheter les droits d'exploitation du premiers tiers de sa discographie. Je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui encore les Rolling Stones touchent des royalties sur les morceaux de leurs débuts. Suite à une opération commerciale fructueuse, Michael Jackson a un temps disposé de part des droits des Beatles (et c'est sans doute encore le cas, ajoutez à ça les siens et ceux d'Elvis Presley dont il a partiellement disposé lors de son mariage avec sa fille ...). et je ne parle que des plus connus (de mémoire d'ailleurs, les corrections/ajouts sont bienvenus en commentaires), je vous passe tous les obscurs pionniers du rock et du blues, noirs et mal conseillés qui ont fini par crever sur scène pour continuer à bouffer tandis que leurs managers croulaient sous les tapis de dollars.
C'est aussi parce que SACEM et ADAMI sont des lobbys influents que, même après l'affaire judiciaire entre Johnny Hallyday/Universal (qui s'est soldée par son transfert), on est encore en France loin des mésaventures qui ont opposé Warner à Prince (l'obligeant à remplacer son nom par un signe caballistique) ou des précautions initiales dans les contrats : Beck a signé son premier contrat chez Geffen avec une clause spéciale lui permettant de sortir des productions pour d'autres maisons de disques s'ils le désiraient.
Je ne vais pas partir sur une argumentation cherchant à savoir jusqu'à quel point le budget de fonctionnement de ces organismes est elevé ou pas, je ne suis pas fan des argumentaires à la Jean-Pierre Pernaud (d'autant plus qu'il est toujours plus aisé de réfléchir en parts, en pourcentages). Je vais juste préciser deux choses :
- Si la SACEM n'a pas toujours été à la hauteur (Il y a 10 ans la responsable d'une médiathèque municipale me confessait que l'organisme chargé de collecter les redevances était incapable, faute de moyens et de procédures, de réclamer son dû), elle a quand même pas mal progressé. Aujourd'hui, il est possible de sonoriser un site web personnel légalement pour un prix modique (2 € les dix titres diffusés par mois via SESAM).
- Les droits d'auteurs en France sont particulièrement protecteurs des artistes et j'estime que c'est tant mieux.
On ne compte pas dans la mythologie rock anglo-saxonne les artistes qui se sont fait spolier de tout par des producteurs véreux : David Bowie a passé le deuxième tiers de sa carrière à amasser de l'argent pour racheter les droits d'exploitation du premiers tiers de sa discographie. Je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui encore les Rolling Stones touchent des royalties sur les morceaux de leurs débuts. Suite à une opération commerciale fructueuse, Michael Jackson a un temps disposé de part des droits des Beatles (et c'est sans doute encore le cas, ajoutez à ça les siens et ceux d'Elvis Presley dont il a partiellement disposé lors de son mariage avec sa fille ...). et je ne parle que des plus connus (de mémoire d'ailleurs, les corrections/ajouts sont bienvenus en commentaires), je vous passe tous les obscurs pionniers du rock et du blues, noirs et mal conseillés qui ont fini par crever sur scène pour continuer à bouffer tandis que leurs managers croulaient sous les tapis de dollars.
C'est aussi parce que SACEM et ADAMI sont des lobbys influents que, même après l'affaire judiciaire entre Johnny Hallyday/Universal (qui s'est soldée par son transfert), on est encore en France loin des mésaventures qui ont opposé Warner à Prince (l'obligeant à remplacer son nom par un signe caballistique) ou des précautions initiales dans les contrats : Beck a signé son premier contrat chez Geffen avec une clause spéciale lui permettant de sortir des productions pour d'autres maisons de disques s'ils le désiraient.























Commentaires
Jean-Pierre Pernaud jubile
Très bon, le renvoi à JP Pernaud. C'est pertinent, surtout quand vous prenez la précision de préciser que vous ne savez pas compter !
L'ennui, c'est qu'à part nous illustrer la perfection de l'action de la SACEM par des références à des chanteurs anglo-saxons qui ont eu maille à partir avec leurs éditeurs, on n'entend pas grand-chose comme argument, dans votre petit laïus... Pas une réponse, une ombre de rien du tout qui s'oppose à ce que je dis dans ma lettre aux députés, et dans les nombreux autres articles que j'ai consacrés au sujet des droits d'auteur !
Votre brève chronique sent un brin trop fort ce que je dénonce partout : la concussion, et la reddition totale de certains artistes face à la corruption dont ils sont l'objet.
Voilà de quoi, sans a ucun doute, m'interdire de réponse sur votre blog. Jean-Pierre Pernaud s'en fout, il y a heureusement pour l'instant d'autres lieux pour répondre à ceux qui les verraient d'un bon oeil s'évanouir sous le coup des lois.
Serge Rivron - 12.01.06 à 23:06 - # -
← Re: Jean-Pierre Pernaud jubile
Serge, merci de votre non-réponse. J'ai précisé en préliminaire à cet article sur l'impact du projet de loi DADVSI sur le monde musical français que je voulais prendre le contre-pied d'idées courantes qui circulent sur de nombreux blogs de gens plus ou moins bien informés (il va de soi que ma sélections de liens n'avait pas pour but de montrer du doigt tel ou tel).
J'ai tenté de le faire en prenant parfois des points de vue pleins de mauvaise foi pour expliquer que de nombreux problèmes sont plus complexes que couramment résumés et que, si sur ce problème, on ne peut que se réjouir de l'apparition de ce qui constitue un lobby des internautes, ça serait aussi bien que ces gens réfléchissent aussi au rôle qu'ils risquent fort de tenir dans les années à venir et certains commencent parfois à revendiquer. Ils n'ont d'autres prétentions que d'être des laïus, ni bien argumentés, ni de prendre une position claire, juste des avis ponctuels opposés à des idées qui circulent.
Si je ne critique pas votre point de vue global, c'est parce que j'y adhère par ailleurs sur de nombreux points et que j'estime sincèrement qu'il gagnerait à être débarassé d'un argument du type :
"les coûts de gestion de la Sacem en 2004 ont avoisiné les 115 000 000 d’Euros ! c’est-à-dire l’équivalent du budget moyen annuel de 100 communes de 2000 habitants, qui entretiennent des kilomètres de voierie, des milliers d’hectares de pelouses et de paysages, qui paient leurs secrétaires, leurs cantonniers, leurs intervenants dans les écoles, les réparations courantes de centaines de bâtiments, qui subventionnent leurs associations sportives, culturelles, sociales..."
qui a des relents d'un populisme à la Jean-Pierre Pernaud et qu'il lui nuit autant que votre "Soyez Beaumarchais" final peut l'étayer opportunément.
Je persiste dans mon avis sur la SACEM ou les autres organismes de collecte à savoir que :
- Ils ont été, par le passé, les défenseurs des artistes (s'il y a une énumération de "victimes" d'un droit étranger mal adapté, c'est pour le souligner et parce que de nombreux représentants des blogueurs semblent l'ignorer).
- Ils ont eu beaucoup de mal ces dernières années à passer à l'ère du numérique (à se demander depuis quand ils ont des ordinateurs dans leur bureau) et ils s'améliorent enfin. Même si les mésaventures de M le Maudit avec SESAM, leur service en ligne, prouvent qu'ils ont encore beaucoup à faire.
- Je ne pense pas que de leur jeter la pierre systématiquement les aidera à devenir cohérents dans un discours qui soit favorable aux artistes d'où le propos à contre courant de cet article. N'y voyez ni concussion, ni reddition, ni surtout de corruption (Mes seuls contacts avec la SACEM ou autres organismes affiliés ont été limités à leur donner de l'argent de concerts -déficitaires par les obligations qu'ils imposaient- d'artistes à l'époque autoproduits et galérant pour vivre de leur musique.)
labosonic - 13.01.06 à 01:12 - # -
← Jean-Pierre Pernaud insiste gentiment
Pardonnez si, avec quelque retard, j'insiste un peu : je ne crois pas du tout anodin d'examiner AUSSI (je crois avoir abordé pas mal d'angles différents depuis 3 ans et quelques) la question sous l'angle des racontats des lobbies qui exercent leur pression qutidienne sur l'ensemble des pouvoirs du monde, et d'étayer une partie de cet examen sur la façon dont ceux qui leur servent de relais chez nous (en l'occurrence la SACEM) gèrent leur propre fontionnement.
Or la SACEM, quel qu'ait pu être son rôle historique, la SACEM qui se prétend le fer de lance de la défense des créateurs, dilapide bel et bien une énorme partie de l'argent qu'elle perçoit sans aucun égard pour d'autres créateurs que ses agents. Son discours, parfaitement inadmissible idéalement et idéologiquement, m'en paraît d'autant plus scandaleux. Et si, pour bien retourner mon couteau dans sa plaie, j'ai joué au petit jeu Pernaudien de donner des chiffres et de les comparer avec ce que ces chiffres représentent dans la gestion des communes rurales, cher monsieur, c'est parce que je m'adressais ici à des élus dont c'est l'univers de référence, pour la plupart d'entre eux.
J'essaye de viser l'efficacité dans ce combat qu'il faut mener sur tous les fronts, et j'ai noté d'ailleurs avec un certain plaisir que depuis ma petite lettre aux députés, le débusquage de la mauvaise foi de la SACEM et de ses amis Majors s'est porté sur ce terrain, parfois oiseusement d'ailleurs, mais forçant un certain nombre de responsables à des explications, même si souvent dilatoires.
Merci, en tout cas, de m'avoir laissé m'exprimer dans vos colonnes.
Serge Rivron - 06.02.06 à 12:25 - # -