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Mon cul sur ton carrelage : Intimité fouillée

Le 03-11-2005
Troisième dyptique

C'est incroyable comme notre vie de couple est en train d'évoluer rapidement ...

Il y a deux mois, on se connaissait ni d'Eve ni d'Adam et maintenant, je suis assis, à poil, dans ta cuisine, ta poubelle entre mes jambes écartées. Ton carrelage trop froid glace, entre autres, mes fesses. Et je commence l'inventaire méticuleux
de tes détritus en un jeu de mikado fébrile. Ta voix me parvient de la pièce d'à côté, celle si chaude où nous nous ébattions encore, il y a si peu de temps, dans de moites transports.

Peaux de banane, persil, épluchures diverses, gras de jambon - Tiens donc, mademoiselle, refuse le gras du jambon, ça veut dire beaucoup de choses ça ... -, je vide tout dans l'autre sac, posé à côté.

- Chérie ? A quoi ça sert de voter écolo pour oublier de recycler ? Â 

Sa réponse à ma pique politicienne est ironique, mais qu'importe. Elle sait et je sais que cette absurde situation change quelque chose entre nous. C'est même la première fois que je l'appelle ainsi, en dehors de nos séances de galipettes. Je l'entends son sourire heureux, qu'enfin je dise tout cela, dans sa répartie. On s'autorise toujours tous les mots sous la couette, en sachant que rien n'est réellement sérieux dans ces moments-là, ni les déclarations enflammées, ni les choses vexantes. Le feu de l'action annule le reste et seuls comptent les choses dites à tête reposée, comme maintenant.

Je continue mon travail d'archéologie précautionneux, risquant au passage de me couper au bord d'une boite de conserve. Ça a du se faufiler au fond quand, comme de coutume, une fois l'étreinte terminée, je me suis précipité pour me débarrasser de cette unique barrière qui nous sépare pendant l'amour. Mince cloison de latex, ô combien nécessaire et pénible à la fois. Réflexe machinal et rapide, presqu'instantané. Nécessité de se débarrasser au plus vite de tout cela pour retrouver tes bras et t'offrir mon épaule.

Mais ni d'épaules, ni de bras, cette fois-ci, il ne fut question, à peine ta bouche, pourtant déjà si embrassée, retrouvée, tu m'as dit d'un ton grave que c'était différent, pas tout à fait comme d'habitude.

Flatté, j'ai cru un instant que c'était encore mieux. Que brutalement, je m'étais mué en superman du sexe. Que plus qu'à l'habitude, l'énergie de mon amour s'était muée en une vigueur à la hauteur du plaisir infini que je souhaitais t'offrir. Hélas, non. Ton sourire gêné et les mots susurrés indiquaient que mes véhéments efforts avaient autant exacerbé nos sens et nos chairs que porté à la rupture cette indispensable barrière.

Et je suis là comme un con, cul nu sur le carrelage de ta cuisine, à fouiller tes ordures en maudissant l'absurdité de la situation. Et on attendra, à peine anxieux, les résultats d'un test qui évitera ces moments ridicules. Et on fera les choix qu'il faut, s'il faut les faire pour éviter de vivre à trois avant d'avoir vraiment commencé à vivre deux. Parce que maintenant, oui, on peut dire qu'il va aussi falloir envisager ça.



2 Commentaires


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Commentaires

J'adore :-)

akynou/racontars - 03.11.05 à 22:26 - # -

Lien croisé

Racontars joue : " Diptyque, session 3 - L'histoire de la photo. La version de Labosonic qui, dit-il, se met de plus en plus en danger dans l'écriture. Je n'aurais pas dit cela exactement ainsi… Enfin, à vous de voir..."

Anonyme - 04.11.05 à 08:12 - # -

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