Le 07-12-2007
La cagoule canadienne, la rue piétonne et les tympans crevés
Un jour, Dieu, qu'est un gars bien, omniscient, omnipotent et plein de miséricorde mais qu'il faut pas trop faire chier quand même, a décidé de se venger des êtres humains débauchés et dévoyés par le consumérisme effréné des fêtes de Noël. Faut le comprendre, aussi le paternel, imaginez qu'il a réussi pendant presque deux millénaires à organiser le plus grand goûter d'anniversaire du monde pour son fiston et, que, depuis 50 ans, le mec embauché pour animer la fiesta vole la vedette.
Mettez-vous à sa place : vous emmenez votre progéniture au Mac-Do pour qu'il fête son anniversaire et, quand vous regardez les photos, il y en a que pour Ronald, le clown niais qui fait des animaux en ballons de baudruche. Déjà que ça vous gonflait d'emmener votre gamin fêter son anniversaire dans un fast-food parce que vous préférez le roquefort Côte du Rhones au double-cheese avec une grande frite et un soda light moyen ; si, en plus, le gamin est pas sur les photos, c'est intolérable. On veut bien élever les gamins en respectant leurs envies mais bon, il y a des limites.
Un jour donc, Dieu, a décidé de se venger de toi, moi, vous, nous, tout le monde, en tout cas tous ceux qui fêtent Noël. Pas une vengeance costaud, style l'Apocalypse où on va tous déguster sévère, surtout les salauds d'athée (comme une tasse) en mon genre, non une petite mesquinerie bien perfide qui va vous pourrir le quotidien tout le mois de décembre.
Il aurait bien voulu rétablir les choses le bon Dieu mais aussi omnipotent soit-il, il y a des associations de forces contre lesquelles on peut pas lutter. La conjonction des lobbys du marketing, de la papillote explosive et du jouet réunis, c'est plus fort que tout. Si je vous disais tout ce que ces gens sont capables de faire, non seulement, vous ne me croiriez pas, mais en plus, je serais obligé de vous tuer. Enfin, réfléchissez un peu : un simple confiseur affiche sans complexe sa capacité à être présent chez tous les ambassadeurs du monde. Associez-le avec les plus grands artificiers du monde, histoire de faire exploser le tout, je vous laisse imaginer ...
Pour nourrir sa vengeance, donc, le Tout-Puissant (sauf contre le complexe confiso-industriel), a décidé de s'allier avec la plus vile organisation qui soit : l'union des commerçants de votre quartier. Et ensemble, ils ont décidé de créer cette plaie de l'humanité que sont les marchés de Noël. Le deal est simple : Dieu décide du truc pour vous pourrir la vie et les commerçants de la rue piétonne en bas de chez vous l'organisent. Ils espérent bien qu'ainsi vous aurez envie de faire vos emplettes chez eux,
Evidemment, cette histoire de marché de Noël, c'est avant tout un marché de dupes. Si tu vas chez ED l'épicier pour faire tes courses plutôt que dans la rue piétonne de ton quartier, c'est pas pour le plaisir pour de déambuler dans un hangar éclairé par des néons blafards et de faire 25 minutes de queue à la caisse, non. C'est parce que c'est moins cher. Tu sais que le vrai prénom d'un épicier, c'est pas ED mais Michel ou Ali. Mais, tu sais aussi que les vrais prix d'un épicier, c'est plus chez le premier que chez les deux autres. Alors tu réserves la fréquentation des deux autres aux cas exceptionnels. Chez Ali, le dimanche et de 22h00 à 2h00 du matin. Et chez Michel, jamais, sauf si tu veux voir un honnête commerçant bien de chez nous regarder avec circonspection son livreur qu'est pas de la couleur homologuée par Jean-Pierre Pernault.
Mais Michel l'épicier ne désespère pas que tu viennes dans son magasin et décide donc d'organiser un marché de Noël dans sa rue piétonne. Le concept est assez simple : il y met donc des petites cahutes en bois lazuré comme celle que les suédois mettent au fond de leur jardin pour y installer un sauna et il y place des commerçants. Mais pour qu'ils ne fassent aucune concurrence et garantissent une animation à son quartier, il les trie sur le volet. Et il sélectionne donc tout naturellement les camelots qui vendent des colifichets qui réussissent à la fois à être les plus moches, inutiles, inmangeables et improbables du monde, le plus souvent dotés d'un rapport très lointain avec Noël.
Il y en avait un qui s'installait dans une rue proche de chez moi, ce matin et les étalages se remplissaient de ces pacotilles dont je ne vois vraiment pas comment on peut les acheter, à moins d'être doté de cadeaux à faire absolument à quelqu'un qu'on déteste profondément. L'inventaire était assez terriffiant : santons en plastique avec bonnet rastafarien, bibelots pseudo africain produits en série par une usine chinoise, confiseries de cour d'école vendues en gros à un tarif plus prohibitif qu'à la pièce, gadgets écolo à l'utilité discutable et accessoires vestimentaires d'un goût très douteux (même Florent Pagny et/ou Manu Chao n'oseraient les arborer, c'est pour dire ...).
Parmi ceux-ci, il y avait un accessoire vestimentaire qui répondait au doux nom de "Cagoule Canadienne" sur lequel je regrettte de ne pas m'être attardé. La juxtaposition de ces deux mots m'amuse en effet au plus haut point et m'intrigue tout autant. La Cagoule Canadienne, une telle locution laisse pantois et ouvre le champ à l'imagination : Est-ce une position sexuelle non répertoriée par le Kama Soutra ? Un sévice corporel sophistiqué apparenté à la torture ? Une forme d'escroquerie méconnue qui va bientôt remplacer ces histoires de malles congolaises qui inondent nos boîtes E-Mail ? Le nom d'un groupuscule politique extrémiste ? Le châtiment divin pour nous punir d'avoir dévoyé l'anniversaire de son fils unique ?
Certainement pas le dernier cas, parce que le châtiment divin vient du ciel (of course) via les hauts parleurs que l'union des commerçants de votre quartier qui ont choisi avec amour l'accompagnement musical de circonstance. Que des chants de Noël avec des bruits de grelots et de traineaux dedans ! Un calvaire, que dis-je un chemin de croix avec une bande-son digne des pires ascenceurs : Tino Rossi singt Weihnachten (il ya beaucoup trop de chants de Noël en allemand).
C'est la petite mesquinerie de Dieu pour les fêtes de fin d'année et c'est presqu'aussi insupportable que toutes les radio FM diffusées dans le hangar blafard de mon hard -discounter préféré.
Mettez-vous à sa place : vous emmenez votre progéniture au Mac-Do pour qu'il fête son anniversaire et, quand vous regardez les photos, il y en a que pour Ronald, le clown niais qui fait des animaux en ballons de baudruche. Déjà que ça vous gonflait d'emmener votre gamin fêter son anniversaire dans un fast-food parce que vous préférez le roquefort Côte du Rhones au double-cheese avec une grande frite et un soda light moyen ; si, en plus, le gamin est pas sur les photos, c'est intolérable. On veut bien élever les gamins en respectant leurs envies mais bon, il y a des limites.
Un jour donc, Dieu, a décidé de se venger de toi, moi, vous, nous, tout le monde, en tout cas tous ceux qui fêtent Noël. Pas une vengeance costaud, style l'Apocalypse où on va tous déguster sévère, surtout les salauds d'athée (comme une tasse) en mon genre, non une petite mesquinerie bien perfide qui va vous pourrir le quotidien tout le mois de décembre.
Il aurait bien voulu rétablir les choses le bon Dieu mais aussi omnipotent soit-il, il y a des associations de forces contre lesquelles on peut pas lutter. La conjonction des lobbys du marketing, de la papillote explosive et du jouet réunis, c'est plus fort que tout. Si je vous disais tout ce que ces gens sont capables de faire, non seulement, vous ne me croiriez pas, mais en plus, je serais obligé de vous tuer. Enfin, réfléchissez un peu : un simple confiseur affiche sans complexe sa capacité à être présent chez tous les ambassadeurs du monde. Associez-le avec les plus grands artificiers du monde, histoire de faire exploser le tout, je vous laisse imaginer ...
Pour nourrir sa vengeance, donc, le Tout-Puissant (sauf contre le complexe confiso-industriel), a décidé de s'allier avec la plus vile organisation qui soit : l'union des commerçants de votre quartier. Et ensemble, ils ont décidé de créer cette plaie de l'humanité que sont les marchés de Noël. Le deal est simple : Dieu décide du truc pour vous pourrir la vie et les commerçants de la rue piétonne en bas de chez vous l'organisent. Ils espérent bien qu'ainsi vous aurez envie de faire vos emplettes chez eux,
Evidemment, cette histoire de marché de Noël, c'est avant tout un marché de dupes. Si tu vas chez ED l'épicier pour faire tes courses plutôt que dans la rue piétonne de ton quartier, c'est pas pour le plaisir pour de déambuler dans un hangar éclairé par des néons blafards et de faire 25 minutes de queue à la caisse, non. C'est parce que c'est moins cher. Tu sais que le vrai prénom d'un épicier, c'est pas ED mais Michel ou Ali. Mais, tu sais aussi que les vrais prix d'un épicier, c'est plus chez le premier que chez les deux autres. Alors tu réserves la fréquentation des deux autres aux cas exceptionnels. Chez Ali, le dimanche et de 22h00 à 2h00 du matin. Et chez Michel, jamais, sauf si tu veux voir un honnête commerçant bien de chez nous regarder avec circonspection son livreur qu'est pas de la couleur homologuée par Jean-Pierre Pernault.
Mais Michel l'épicier ne désespère pas que tu viennes dans son magasin et décide donc d'organiser un marché de Noël dans sa rue piétonne. Le concept est assez simple : il y met donc des petites cahutes en bois lazuré comme celle que les suédois mettent au fond de leur jardin pour y installer un sauna et il y place des commerçants. Mais pour qu'ils ne fassent aucune concurrence et garantissent une animation à son quartier, il les trie sur le volet. Et il sélectionne donc tout naturellement les camelots qui vendent des colifichets qui réussissent à la fois à être les plus moches, inutiles, inmangeables et improbables du monde, le plus souvent dotés d'un rapport très lointain avec Noël.
Il y en avait un qui s'installait dans une rue proche de chez moi, ce matin et les étalages se remplissaient de ces pacotilles dont je ne vois vraiment pas comment on peut les acheter, à moins d'être doté de cadeaux à faire absolument à quelqu'un qu'on déteste profondément. L'inventaire était assez terriffiant : santons en plastique avec bonnet rastafarien, bibelots pseudo africain produits en série par une usine chinoise, confiseries de cour d'école vendues en gros à un tarif plus prohibitif qu'à la pièce, gadgets écolo à l'utilité discutable et accessoires vestimentaires d'un goût très douteux (même Florent Pagny et/ou Manu Chao n'oseraient les arborer, c'est pour dire ...).
Parmi ceux-ci, il y avait un accessoire vestimentaire qui répondait au doux nom de "Cagoule Canadienne" sur lequel je regrettte de ne pas m'être attardé. La juxtaposition de ces deux mots m'amuse en effet au plus haut point et m'intrigue tout autant. La Cagoule Canadienne, une telle locution laisse pantois et ouvre le champ à l'imagination : Est-ce une position sexuelle non répertoriée par le Kama Soutra ? Un sévice corporel sophistiqué apparenté à la torture ? Une forme d'escroquerie méconnue qui va bientôt remplacer ces histoires de malles congolaises qui inondent nos boîtes E-Mail ? Le nom d'un groupuscule politique extrémiste ? Le châtiment divin pour nous punir d'avoir dévoyé l'anniversaire de son fils unique ?
Certainement pas le dernier cas, parce que le châtiment divin vient du ciel (of course) via les hauts parleurs que l'union des commerçants de votre quartier qui ont choisi avec amour l'accompagnement musical de circonstance. Que des chants de Noël avec des bruits de grelots et de traineaux dedans ! Un calvaire, que dis-je un chemin de croix avec une bande-son digne des pires ascenceurs : Tino Rossi singt Weihnachten (il ya beaucoup trop de chants de Noël en allemand).
C'est la petite mesquinerie de Dieu pour les fêtes de fin d'année et c'est presqu'aussi insupportable que toutes les radio FM diffusées dans le hangar blafard de mon hard -discounter préféré.























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