Le 14-01-2008
Première publication le 8 mai 2005

Vitalic appartient à cette partie de la scène électronique française qui est passée à côté de la vague French Touch. Jamais il n'a participé à cette lame de fond à base de house musique, avec une recette préfabriquée et plus ou moins de bonheur (l'exemple encore tout chaud des Daft Punk en est la meilleure illustration). Quand les autres récoltaient les royalties d'une électro-disco parfois un peu facile, il travaillait et apprenait les bases du "métier" : le Dee-Jaying. À l'instar de John Thomas et des protégés de son label Logistic, de Miss Kittin, d'Oxia ou de The Hacker, avec qui on peut l'apparenter, Vitalic fait partie de cette génération techno, dotée d'une culture de boîte de nuit, le plus souvent provinciale, dont les débuts ont été occultés par le star-system d'étoiles filantes aujourd'hui éteintes. Durant ces années, la house music était reine et la techno pas à la mode, la vie de DJ, de surcroît sans entrées dans le milieu parisien, difficile, laborieuse même. Le métier nécessitait d'être sur la route : en Belgique, en Allemagne, patries de toujours des sonorités "lourdes" de la techno.
Né en province - à Dijon, où les nuits de l'excellent club L'Anfer retentissent encore - Vitalic a vite compris au début de sa carrière que son avenir ne serait pas centré sur le microcosme de la capitale et ses maisons de disques, qui offraient à l'époque des ponts d'or, mais qu'il fallait être européen. Grand bien lui prit : son premier maxi de quatre titres, paru en 2001 sous le label allemand International Dee Jay Gigolo, est un carton plein avec au moins deux titres qui feraient danser les morts : Poney Part I et La Rock.
La caractéristique de ces tubes reprend la base de la musique de danse électronique : une rythmique techno, binaire, lourde, efficace, alliée à des sonorités de boîte à rythme qui assurent la partie mélodique et dansante du morceau. La construction est simple et claire, axée sur une montée graduelle en puissance sonore et rythmique avec le traditionnel break. Rien à redire, les fondamentaux sont maîtrisés avec brio. Vitalic a acquis, avec les longues heures de DJ-Set, le talent immense de faire danser les gens, et surtout celui de respecter les codes efficaces pour provoquer l'hystérie d'un dance-floor tout en renouvelant le genre.
OK Cowboy, l'album nouvellement sorti, se décline en treize titres et reprend évidemment les succès d'il y a quatre ans. Poney Part I, La Rock et Poney Part II en constituent les temps les plus forts, de ceux qui font que vous allez les écouter en boucle et à fond, au point de susciter la colère de vos voisins. Mais les autres titres proposés, moins dansants et moins efficaces, n'en sont pas moins intéressants et surprenants. Polkamatic, en ouverture de l'album, vous surprendra avec la rencontre extra-terrestre d'une boîte à rythme et d'une boîte à musique. Les accents trop rock d'un morceau comme My friend Dario ou les vocaux parfois inutiles de The Past ou No Fun peuvent toutefois paraître à juste titre un peu dérangeants.
Mais les talents de mélodiste de Vitalic sont particulièrement mis en valeur sur Woo et le sublime Trahison, joyau qui mériterait à lui seul l'achat de cet album. Valetta fanfare, amusante conclusion uniquement rythmique, finit de démontrer à quel point OK Cowboy est réussi : il serait injuste de passer sous silence un tel disque de musique électronique, tour à tour ambitieux, éclectique et efficace. Voilà donc un album touche à tout, surprenant, souvent dansant mais qui ne néglige pas les temps faibles plus mélodiques et moins rythmés, en un mot qui apporte un peu de fraîcheur.























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