Le 03-11-2005
Où labosonic s'insurge doucement
Beaucoup de gens se gargarisent du projet de Nicolas Sarkozy consistant à éteindre des incendies avec un quelconque nettoyeur haute pression (Désolé pour les gens de Karcher, mais j'éviterais de leur donner une quelconque visibilité sans contrepartie financière ou en nature). Avouons-le, c'est plus que légitime et que certains membres du gouvernement s'en insurge tend à prouver que, même en son sein, le gouvernement ne participe pas à une dangereuse dérive lexicale.
Cependant, quand son collègue Azouz Begag, tente de s'insurger légitimement en arguant du fait qu'il est, lui, en qualité de Ministre, "le ministre de l'ascenceur social, le ministre de la chance", on peut légitimement se poser une question :
- Résumer l'intégration d'autrui, qui est un devoir auquel notre société s'est trop longtemps soustraite, à n'être désormais plus qu'un simple coup de chance, c'est finalement peut-être aussi injurieux que de prôner l'utilisation inapropriée de quelque instrument que ce soit. C'est dire :
Les gars, on a mal fait notre boulot, on continue de mal le faire et votre avenir ne peut finalement plus se résoudre que par un coup de chance, alors démerdez-vous.
Et dire que ces types payent des conseillers en communication des milles et des cents pour savoir quoi dire.
[Edit du 8 Novembre : Si le blogueur que je suis a délibérément choisi de ne pas parler de ce qui se passe dans les rues de notre beau pays, le citoyen que je suis s'informe. Et l'internaute aussi. En conséquence, compte-tenu que l'expression Begag, Ministre de la Chance m'a tout l'air de cristalliser une certaine haine rétrograde sur des sites internet propagandistes (qui ne seront pas liés, ici, parce que je choisis mes voisins sur le web) et que j'estime pour ma part dangereux.
Le fait que j'ai relevé , postérieurement à ces vecteurs de haine primale, cette expression dans sa bouche et sans arrière-pensée autre que celle critique de notre société sursaturée de communication, n'est que pure coincidence. Je me désolidarise naturellement de cette caricature de politique et de quelconques messages haineux qui pourraient émaner de sites qui font de cette expression le grain à moudre de leur absence de pensée constructive.]























Commentaires
Hihi.
L'expérience a montré que ces fameux conseillers en communication ont du mal à communiquer lorsqu'ils se font pincer en bonne compagnie.
fautpasresterla - 03.11.05 à 23:28 - # -
← Re:
J'avoue avoir quelque mal à croire qu'une prostituée roumaine mineure (Mon dieu, Google ne va m'attirer que des pervers !) soit réellement une bonne compagnie.
;-)
labosonic - 04.11.05 à 00:13 - # -
En fait, il est difficile de commenter la phrase de Begag indépendamment de son contexte. Est-ce que tu la cites en entier? D'où sort cet extrait ? Autant d'éléments à prendre en compte. La mention de la "chance" est gênante en ce sens qu'elle relève du domaine de la croyance, alors qu'en fait il parle de quelque chose de très concret. Mais on peut imaginer qu'il veut montrer que la vraie chance, elle est offerte à chacun, que chacun peut avoir sa chance de réussir via l'ascenseur social. C'est comme ça que je le comprends.
samantdi - 06.11.05 à 22:50 - # -
← Re:
L'expression est effectivement indépendante de son contexte car, issue de mon écoute attentive de la réaction radio (probablement télévisée), (j'ai utilisé la radio, les rediffusions régulières m'ont juste permis de noter exactement ces termes qui ont dus être enregistrés dans le courant du lundi 31 octobre). Le discours complet et ces expressions (elles sont parfois réalisées en plusieurs prises, d'où peut-être quelques évetuelles variantes selon le diffuseur) portaient justement sur l'abus de vocabulaire de Nicolas Sarkozy.
Après le but de la remarque était autant sur le propos de Begag, que celui de Sarkozy, et plus encore sur les querelles vaines de vocabulaire, plus ou moins décentes en comparaison de la mort de plusieurs individus, qu'ils soient victimes ou coupables (les cerceuils ne portant que rarement des menottes).
Encore plus généralement (parce que mon blog n'a vocation à parler de politique), sur le flou global de la politique qui semble s'être un peu trop acoquinée avec les conseillers en communication et est désormais beaucoup plus apte aux discours creux qu'à de quelconques actions.
C'est parce qu'on ne peut qu'imaginer (et tu le dis toi-même très bien) ce que l'on veut, dans la double périphrase de Begag sur son rôle que c'est finalement dangereux. On peut la prendre (comme je le fait, volontairement) au premier degré ou, comme toi, essayer d'y déceler un non-dit qui nous plairait plus.
En cela, ce mode de communication est dangereux parce que :
- Il favorise, en réaction, l'émergence de certains discours politiques radicalisants qui risquent de s'imposer sans nuances sous le simple argument du "Je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas".
- Il procède aussi, car l'opposition Begag/Sarkozy avait en arrière-plan des querelles intestines, de la stratégie de l'image : à savoir qui fait le plus de bruit, qui a le plus de temps au JT, etc ... Stratégie dangereuse, forcément, puisqu'une voiture qui brûle en gros plan est finalement plus vendeuse que tout le reste et que tout ce vacarme, savamment orchestré par les politiciens sur les banlieues, a fini par être battu sur son propre terrain de la communication par une voiture carbonisée et ses incendiaires.
labosonic - 07.11.05 à 00:26 - # -