. - -




More
  • Pensées musicales et pensez politique (2)
Things
  • Sorry, we can't
  • Un jour noir (2)
  • Break
Food
  • Kozlika's lunchbox #1 (9)
Revolutionary
  • La musique et l'ère digitale (3)
Art
  • Who's the black private dick that's a sex machine to all the chicks ?
  • Petit guide de subversion musicale à l'usage des jeunes générations
  • J'ai un petit creux
  • Forgotten but pretty cool, indeed (1)
  • Oh my god !
  • Oh, le vilain copieur ... (1)
Critico-Blog
Culturofil
  • - Erik Nietzsche de Jacob Thuesen
    - Slumdog Millionaire de Danny Boyle
    - Nouvelles re-vertes, recueil collectif
    - One Piece Vol 3 - coffret 3 DVD.
    - Catalogue de parents pour les enfants qui veulent en changer de Claude Ponti
    - Un fou ordinaire d’Edward Abbey
  • Nawal - Pensées musicales et pensez politique #2
  • Pirate - David Bowie - Live at the Tower of Philadelphia #1
  • jjcoqueluche - Kozlika's lunchbox #1 #9
  • Bladsurb - Pensées musicales et pensez politique #1
  • Bladsurb - Forgotten but pretty cool, indeed #1

→ plus de commentaires

People
  • Cook-Ort Cook-Ort
  • Frais ! Frais !
  • Président Président "Cuî-cuî"
  • Celinextenso Celinextenso
  • Casseroles de Nawal 2.0 Casseroles de Nawal 2.0
Music
  • Dan Cortez : MySpace

    Dan Cortez (My Space)
Other People
  • Les toiles roses
  • Et Action !
  • Culturopoing
  • Art-Rock
  • Eireann

Une bonne année ?

Le 01-01-2006
Une humeur presque comme toutes les autres

Il y a tout un tas de traditions plus ou moins stupides au Nouvel An, notamment celle de souhaiter une bonne année, une bonne santé avec souvent plus ou moins de sincérité (mais le plus souvent moins).

J'aussi eu l'occasion de croiser d'autres coutumes autrement plus intéressantes : comme celle de ces deux soeurs qui s'appelaient systématiquement au téléphone avant de commencer leurs réveillons respectifs. Elles passaient alors une bonne heure à énumérer toutes leurs rancoeurs de l'année et à réaliser l'inventaire annuel de leurs reproches mutuels. Cela finissait forcément par une engueulade, comme pour solder le compte de leurs différents respectifs et commencer l'année à venir sur de saines bases.
Je vais débuter 2006 par ce genre d'exercice, un peu mâtiné de ce qui ressemble à un ultimatum, chose dont l'exercice ne m'est pourtant ni coutumier, ni agréable.

J'avoue que le bilan de mon année passée pourrait paraître tout sauf formidable : j'ai quand même vu simultanément disparaître mon sommeil, mon travail, ma santé, mon moral et bien d'autres choses encore qui ne sont qu'accessoires en comparaison. Objectivement, dire que l'année 2005 fut positive pour moi serait excessif. Durant les 12 pénibles mois qui viennent de s'écouler, j
'ai pourtant appris la sérénité, cette joie simple de se lever en se disant que quoiqu'il soit advenu la veille, aujourd'hui donne une occasion de plus de sourire. Évidemment, je ne suis pas au nirvana, mais j'apprécie plus que tout le fait d'être vivant, d'avoir un toit, de quoi manger, des idées pas toujours noires dans la tête et des mots à griffonner quelque part. Le hasard du destin, ou un certain principe de réalité, a fait que j'ai conclu l'année comme je l'ai passée : seul, avec moi-même et des pensées sombres ou joyeuses, des frissons de bonheur ainsi que des arrières-goûts amers.

La tradition voulait que, depuis près de dix ans, je retrouve toujours les mêmes gens qui m'étaient plus ou moins chers pour sauter à cloche-pied ce repère calendaire comme on franchit, enfant, une flaque de pluie sur la route : avec des éclats de voix et de rires, des anecdotes, de la convivialité, de la vie, quoi ... Il y avait avant la soirée, en général, des débats un peu houleux sur où ? ou qui ? ou comment ? ou quoi ? ; pendant beaucoup de joie ; après souvent quelques reproches plus de l'ordre de l'anecdote amicale que de la rancune tenace. Ça occupait notre mois de décembre à tous, ces petites prises de tête liées aux préparatifs et les souvenirs nous fournissaient au moins un sujet de conversation pour les autres moments de l'année. Par un malheureux concours de circonstances - ou est-ce la conclusion de mon annus horribilis ? - j'ai échappé cette année à l'effervescence de ces préparatifs et, pour cause, puisque qu'à l'avant-veille de Noël, j'ai réalisé que personne ne m'avait invité à quelque agape que ce soit.

Mon optimisme béat m'a fait penser : Qu'importe. Après tout, une soirée de plus, seul, devant un écran, celui de ce blog ou de mon téléviseur, ce n'était rien. J'ai traversé bien pire ces derniers temps : les souffrances physiques, les souffrances psychologiques, les premières étant parfois liées aux secondes, les nuits sans sommeil, les regards de mépris de mon banquier, l'absence même de regard dans le mépris par Recommandé avec Accusé de Réception de mon ex-employeur. La solitude, même, me sied plutôt puisque si j'avais une trouille bleue de finir 2005 seul, la famille et un billet de train me donnaient à coup sûr la chaleur du foyer familial et l'assurance d'une soirée animée à défaut d'être parfaite.

J'ai donc organisé mon réveillon autour de petits plaisirs : un bon film, un repas réussi de mes propres mains, l'apprentissage du tour de main me permettant de réussir la sauce la plus goûteuse qu'il m'ait été donné de goûter. Pourtant, malgré l'insouciance application de ces préparatifs, j'ai senti la panique me gagner. A 21 heures, j'ai failli perdre pied en me questionnant.

Laisserais-je l'oeil cyclopéen d'un téléviseur me donner la primeur de ses bons voeux ?

L'angoisse montait à mesure que l'aiguille tournait sur le cadran. Inconsciemment, je réalisai l'inventaire de mon agenda et de ceux qui avaient une bonne excuse d'être loin de moi : en famille, en train d'en constituer une plus grande encore, sur un autre continent ... J'en profitai aussi pour trouver des "circonstances atténuantes" à ceux qui n'en avaient pas d'excuses : les lapins posés cette année, pour des raisons diverses liées à ma situation.

Mes talents culinaires et l'exergue liminaire du chef d'oeuvre du cinéma1 que je visionnais ont finalement eu raison de ces interrogations angoissées et je me suis résolu à ne pas passer le cap fatidique des douze coups de minuit seul, le cul sur mon canapé, les yeux rivés sur la pendule où le regard compassé et en différé d'un animateur de télé enréveillonné. Mon horloge fut donc cette majestueuse Tour qui scintille à chaque heure pile.

Sur son chemin, je n'ai pu que songer aux dix réveillons précédents, aux gens rencontrés par hasard : amis d'amis, aux sacrifices que j'ai parfois effectués - comme celui d'aller enterrer ce millénaire à l'extrémité de l'Europe plutôt que d''être en son milieu avec celle qui constituait alors le centre de ma vie - aux joies, aux douze coups qui s'insérent dans les quatre cents autres, à ceux qu'on embrasse avec quelques regrets et ceux dans les bras desquels on est heureux de se précipiter.

J'ai conclu mon réveillon par une hivernale promenade digestive.
Malgré l'épaisseur de mon manteau, j'avais froid, par manque de cette chaleur humaine.
Malgré le monde sur le Champ de Mars, j'étais seul. Certes, la solitude eut été plus pénible dans mon logis vide mais elle fut triste quand même, dans une foule d'inconnus.

J'aurais pu, bien sûr, sympathiser avec ces groupes déjà constitués qui riaient et s'échangeaient des bouteilles. J'aurais pu engager la conversation avec ses amoureux qui s'embrassaient à pleine bouche une fois le compte à rebours terminé. J'aurais pu, même, rentrer dans ces lieux animés et bruyants de musique sur le chemin de l'aller ou du retour. Mais je n'en avais pas l'envie. C'était de vous dont j'avais besoin ce soir, c'était à vous que je souhaitais dire bonne année en premier, pas aux lecteurs de ce blog, aussi fidèles et sympathiques soient-ils.

Vous
qui m'avez manqués, que ce soit à cause des hasards de la vie, un quelconque oubli ou un autre caprice dont je me fous royalement. Je sais et je suis conscient que je n'ai pas été l'ami idéal ces derniers temps. Difficile de partager un restaurant ou un ciné par manque d'argent, difficile d'honorer une invitation pour cause de santé défaillante, difficile de me rappeler à votre mémoire quand je n'ai qu'une liste d'idées noires à opposer aux nouvelles de votre vie plus rose. Mais, c'est vous qui me manquiez ce soir, dans une absence qui me hérissait les poils d'une douleur que ni la contemplation d'une Tour Eiffel étincelante, ni mon acharnement sur une cigarette ne compensait.
Vous risquez peut-être aussi de me manquer pour longtemps. Il n'y aura pas de rancoeurs tenaces pour ce qui constitue le réveillon de ce soir, juste un oubli délibéré de ceux qui passeront outre le cérémonial des voeux à venir.

J'ai sur cette page blanche, en plus de quelques larmes de rédaction sans conséquences, les lecteurs que je mérite et, putain, ce que je suis heureux de les avoir tous ceux-là, avec toutes les qualités qu'ils ont, et de leur souhaiter une bonne et excellente année.

Je vais (enfin) me résoudre à avoir aussi les amis que je mérite et qui me méritent.

1 - Il n'y a pas de plus profonde solitude que celle du samouraï si ce n'est celle d'un tigre dans la jungle ... Peut-être ...



11 Commentaires


<> -

Commentaires

Dans un genre finalement pas si éloigné, j'ai eu quant à moi deux invitations (différentes) en début de soirée. Je dois dire que ce que j'interprète comme à la fois « merde, on l'a oubliée » et la manifeste certitude que je n'avais reçu, pauvre femme, aucune invitation avant la leur, ne m'a pas incitée - euphémisme - à modifier mes projets arrêtés de longue date : un dîner tranquille un peu amélioré de l'ordinaire avec l'adolescente avant qu'elle ne parte... au Champ de Mars avec sa bande et un coucher précoce avec ma pile de CD préférés, dont je n'aurai pas même entendu le premier en entier avant de sombrer dans une longue nuit réparatrice :)

Mais c'était une solitude choisie, et ça fait toute la différence avec la tienne, dont il me semble que tu cherchais plus à l'apprivoiser que la chérir. Et celle-là a un goût amer, comme l'est ton choix de mots : te « résoudre (enfin) » à avoir les amis que tu mérites et qui te méritent.

Une lectrice qui te mérite - espère-t-elle - te souhaite les meilleurs jours futurs, qu'ils débutent au 1er janvier ou à quelconque autre date et pour plus longtemps que 365 malheureux jours.

Kozlika - 01.01.06 à 07:48 - # -

He oui, je connais

Comme je comprends ton humeur. C'est le fric qui fait la différence. Oui ! les amis où sont-ils quand on n'a pas les moyens de payer des pots et des pots....? conclusion : c'était pas des amis, et c'est dur, dur de le découvrir.

D'autres, je te le souhaite, vont arriver. C'est à toi d'aller vers. Ou de te suffire à toi-même !

Etre soi, tel qu'on est, tout nu. Sans les falbalas du paraître. Pas facile. Cette année, enfin, je n'ai pas souffert !



Annie - 01.01.06 à 11:21 - # -

Je n'en fais qu'à ma tête, et cède à cette tradition stupide ! :-)

J'espère que tu ne douteras pas du degré de sincérité de mes voeux pour toi.

Je ne crois pas qu'il y ait un fossé révolutionaire entre ce samedi et ce dimanche, cette année et l'autre. Mais si ça peut être l'occasion, même non-justifiée, de prendre une petite impulsion vers le meilleur, alors j'espère que ça sera la bonne...

Et des bisous !

Céline - 01.01.06 à 12:17 - # -

A toi aussi, bonne et excellente année, Labosonic.

Nounou - 01.01.06 à 12:43 - # -

Je te souhaite une très douce année 2006

Pappolène - 01.01.06 à 20:08 - # -

J'ouvre la page commentaire, et le hasard veut que ce soit celle aussi Ali Farka touré, un des disques que j'écoute le plus en ce moment.
Je regrette de n'avoir ouvert et consulté ces pages que maintenant. Parce que je t'aurais bien invité moi, pas par pitié(c'est pas mon genre…) ni en me disant : oh le pauvre, il st tout seul (ce qui reviendrait plus au moins au même), mais juste parce que ça me ferait plaisir de te rencontrer. PArce que j'aime bien ce que tu écris et la façon dont tu le fais.
Et en plus parce que j'ai un cadeau pour toi. Oh pas grand chose juste un trux ou je me suis dit : tien ! ça je suis sûre que ça plairait à Labo…
Bon, si tu veux bien me donner ton adresse postale, je te l'envoie, à moins que tu viennes au prochain Paris Carnet… Enfin, voilà.
Je t'embrasse et je te souhaite une bnne année 2006. J'en ai connu aussi des année de merde ou tout coulait. J'ai toujours considéré, de façon sans doute puérile, que leur fin allait marquer le retour de temps plus agréables. Et vois-tu, j'ai toujours eu raison ;-)

akynou/racontars - 01.01.06 à 23:09 - # -

Amicalement

Nous, on t'apprécie. La preuve ;-)
Amitiés blogosphériques

jlb - 02.01.06 à 13:37 - # -

Il faut avoir connu ces moments de solitude là pour, peut-être, apprécier la juste et simple intensité de ton récit. On se connait à peine et je ne voudrai pas te géner avec un regard trop appuyé... pourtant je me suis senti proche de toi, à l'instant de terminer ma lecture. Je te salurai bien volontiers à l'occasion du prochain Paris-carnet!

Shag', ému.

Shaggoo - 02.01.06 à 13:43 - # -

Bon, je m'en vais vous répondre en bloc, ce qui n'est que moyennement poli, mais toujours mieux que d'avoir des remords pour ne pas avoir répondu personnellement à quiconque.

Donc, Merci à tous, ou plutôt à toutes (ben, oui, on dirait que seules les femmes ont réagi à cet article) et aux autres (JLB, Brad, le capitaine Shaggoo et Nounou, qui est une peluche) qui m'ont ici, ailleurs, ou dans ma boîte Mail souhaité la bonne année. Ca fait toujours plaisir et j'ai la naïveté de croire que ce n'est pas que moyennement sincère, sinon vous en seriez dispensés.

J'ai un peu l'impression que cet article a entraîné des commentaires qui ne sont pas forcément à la mesure de ce que je voulais exprimer et qu'un certain "effet Caliméro" s'est produit. Ce n'était pas mon objectif et j'ai, malgré tout, passé une soirée qui n'était pas si horrible que ça : juste à base d'un ordinaire amélioré.

Ma solitude, ce soir là, si elle est regrettée, n'en fut pas moins volontaire, en ce sens que si je l'avais voulue. Je le répète : la famille était là. Et si elle m'avait trop pesée, au dernier moment quelques estaminets bruyants auraient pu accueillir mon besoin de vivre en société. J'aurais pu aussi, si j'avais été terrifié à l'avance par cette idée d'être seul dans la seconde double du passage à 2006, faire paraître une annonce ici proposant en échange de la confection d'un repas de réveillon réussi le privilège de hurler "Bonne année" à autre chose qu'une foule avinée dans laquelle je me suis senti très bien seul.

Elle était donc à demi-voulue, juste imposée à défaut d'être choisie. Je n'aurais pas pu de toute façon être entre autres, à cause d'une dissémination des continents, aux côtés de tous ceux dont j'aime la compagnie ce soir-là.

Ce regroupement collectif, qui a dû se passer ailleurs, et dont j'étais auparavant l'un des membres invités, s'est fait sans moi. Il était "traditionnel" que je passe Noël en ma famille et la Saint-Sylvestre dans une "famille de coeur" auprès de gens que j'aimais à retrouver, bon gré, mal gré, quand les années passaient. Ce groupe était comme une famille, avec ceux qu'on aime par dessus tout malgré l'éloignement et les autres : un peu comme des cousins lourdingues dont on se satisfait volontiers de la présence une unique fois par an. Cette famille de coeur ne veut visiblement plus de moi en son sein. J'en constituerais une autre. En publiant ce demi-ultimatum, j'ai la naïveté de croire que quelques yeux déjà amis et néanmoins lecteurs et un heureux bouche-à-oreille feront que certains auront peut-être envie d'y prendre une place.

 

labosonic - 02.01.06 à 17:37 - # -

C'est dis si tu viens au porchain Paris-Carnet (après-demain !), non seulement je te serre dans mes bras (promis pas trop fort vu mon gabarit !), et sans que tu aies la possibilité de raler je t'offre à picoler ce que ton coeur désire (et inutile de dire non, je serai sourde à toute protestation). Alors, à mercredi ! Je t'embrasse.

Vroumette - 02.01.06 à 19:48 - # -

moi aussi, comme Koz je l'ai passé seule, ce 31/12, avec un bout d'adolescente qui filait voir ses copains, mais c'était également volontaire voire même carrément volontariste (je voulais profiter que la moitié de la petite famille était loin pour travailler tranquille) et j'avais fait en gros la fête ou de belles sorties (n'est-ce pas les amateurs d'opéra et de danse ?) tous les soirs qui précèdaient.

Cela dit, si jamais tu te retrouves seul à un moment où tu voudrais pas, tu peux toujours tenter un message ou un coup de fil par chez moi, malgré ma tendance à un emploi du temps de ministre en période d'état d'urgence même après le 4 janvier, des fois ça tombe que je ne fais rien de spécial ou qui ne puisse se bouger à un autre moment et si tout le monde va bien chez moi (moi inclus) je me libère volontiers pour voir un(e) ami(e).

Je te confirme que les anni horibili(i?) font fuir y compris des potes qu'on croyait tout proches. Je suis privilégiée par rapport à toi mais il a suffi de quelques deuils, maladies, soucis d'emploi (sans le perdre mais en y passant trop de temps) et militantismes pour éloigner certains que je croyais solides à mes côtés. J'étais trop épuisée ou elles étaient trop sombres pour que je prenne le temps de donner des nouvelles et ils ne s'en sont aucunement inquiétés. Ca m'a rendue triste aussi.

Souhaitons-nous donc un cru 2006 meilleur, au moins un peu.

 

gilda - 02.01.06 à 21:02 - # -

Labosonic Moteur : ViaBloga
Thème : Aquabahn