Le 17-12-2005
Deuxième étude
![]() | esser de prendre les gens pour des imbéciles. Cela peut paraître une bonne idée que la publicité, cinéma minable, a décidé de mettre en pratique ces derniers temps. Hélas, ce n'est qu'une des nombreuses |
bonnes intentions dont l'enfer est pavé. Le thème à la mode en ce moment est l'emploi, problème au coeur de nos préoccupations s'il en est.
Ça a commencé avec une voiture qui assurait son auto-promotion d'une manière inhabituelle. On n'y voyait pas dans son usage un levier de vitesses en forme de pénis, cliché habituel du type : il a la voiture, il aura la femme. On n'y découvrait pas non plus l'idéologie rance d'une automobile-domicile, particulièrement obscène en ces temps rigoureux et hivernaux où des sans-domicile fixes meurent de froid dans une voiture à vivre à défaut d'avoir un toit où loger en rentrant de leur travail.
Non, on ne voyait qu'une bagnole comme toutes les autres, entourée par des individus, par dizaines, puis centaines et ce jusqu'au millier. Ces individus étaient les ouvriers français, oui Monsieur, qui travaillaient à assembler cette voiture japonaise, certes, mais made in France.
L'idée peut paraître originale, presque généreuse en ces temps où la firme française la plus intimement liée à l'Etat impose comme fleuron de sa gamme une voiture entièrement réalisée en Roumanie (avec le code du travail roumain). Mais elle n'en demeure pas moins dérangeante.
D'abord parce que sous ce label Made In France peuvent se cacher de multiples nuances : comme un puzzle fabriqué à l'étranger que vous confectionnez chez vous le soir à la veillée, le véhicule peut très bien être assemblé dans nos frontières et ses constituants venir d'ailleurs.
Ensuite, mais c'est une évidence, le jour où cette entreprise licenciera, utilisera-t-elle la même publicité remontée en marche arrière pour nous signifier qu'en licenciant une centaine de personnes, elle nous permet d'économiser quelques euros et de bénéficier d'une croissance à deux chiffres si nous en sommes les actionnaires.
Le message implicite de cette campagne est quand même de dire : "Acheter cette voiture, sinon, ce millier de personnes repartira à l'ANPE." Non ?
Ça a commencé avec une voiture qui assurait son auto-promotion d'une manière inhabituelle. On n'y voyait pas dans son usage un levier de vitesses en forme de pénis, cliché habituel du type : il a la voiture, il aura la femme. On n'y découvrait pas non plus l'idéologie rance d'une automobile-domicile, particulièrement obscène en ces temps rigoureux et hivernaux où des sans-domicile fixes meurent de froid dans une voiture à vivre à défaut d'avoir un toit où loger en rentrant de leur travail.
Non, on ne voyait qu'une bagnole comme toutes les autres, entourée par des individus, par dizaines, puis centaines et ce jusqu'au millier. Ces individus étaient les ouvriers français, oui Monsieur, qui travaillaient à assembler cette voiture japonaise, certes, mais made in France.
L'idée peut paraître originale, presque généreuse en ces temps où la firme française la plus intimement liée à l'Etat impose comme fleuron de sa gamme une voiture entièrement réalisée en Roumanie (avec le code du travail roumain). Mais elle n'en demeure pas moins dérangeante.
D'abord parce que sous ce label Made In France peuvent se cacher de multiples nuances : comme un puzzle fabriqué à l'étranger que vous confectionnez chez vous le soir à la veillée, le véhicule peut très bien être assemblé dans nos frontières et ses constituants venir d'ailleurs.
Ensuite, mais c'est une évidence, le jour où cette entreprise licenciera, utilisera-t-elle la même publicité remontée en marche arrière pour nous signifier qu'en licenciant une centaine de personnes, elle nous permet d'économiser quelques euros et de bénéficier d'une croissance à deux chiffres si nous en sommes les actionnaires.
Le message implicite de cette campagne est quand même de dire : "Acheter cette voiture, sinon, ce millier de personnes repartira à l'ANPE." Non ?
























Commentaires
Ce billet est excellent ... Il y a plusieurs mois maintenant que je n'ai plus la télé et que je ne vois donc plus ces pubs pour les voitures qui avaient le don de me mettre de mauvaise humeur.
J'ai toujours trouvé qu'elles véhiculaient un discours dangereux : concernant la vitesse, la puissance, le machisme... Et je vois que maintenant une nouvelle étape vient d'être franchie !
(Par ailleurs, je suis conductrice et propriétaire d'une voiture de pépette, confortable, jolie, et qui ne manque pas de grever mon budget par tous les frais qu'elle occasionne, depuis son coût initial remboursable à crédit, l'assurance, l'essence, les pv et bougnes reçues en ville...). L'automobiliste est un "bon" consommateur, il faut donc le caresser dans le sens du poil en lui donnant, via la pub, une image améliorée de lui-même.
samantdi - 18.12.05 à 11:59 - # -