Le 27-05-2009
Initialement paru le 15 janvier 2009

A l’heure des bilans, l’année 2008 ne fut pas vraiment un cru exceptionnel ni en ce qui concerne les productions françaises, ni en matière de musiques électroniques. Avant de tourner définitivement la page de 2008, il est pourtant nécessaire de faire un retour sur l’objet musical non identifié que constitue Lost-Wax de Lena & the Floating Roots Orchestra, un des rares disques paru en 2008 qui a réussi à afficher de véritables ambitions dans ces deux domaines.
Le qualificatif exigeant semble d’ailleurs mieux s’accorder qu’ambitieux à ce Lost-Wax signé par Lena & The Floating Roots Orchestra. Derrière ce pseudonyme de Lena, référence à Faulkner, se cache Mathias Delplanque, un homme aux nombreux métiers dont toutes les vies sont marquées par la mélomanie1. Pour faire bref, Lena, c’est avant tout le projet artistique d’un homme qui a dédié son existence à la musique, a écouté des milliers de disques et tiré de chacun d’entre eux ce qui lui plaisait pour créer son propre univers sonore.
Artiste confirmé et remarqué, il a réussi à capter l’attention de nombreux musiciens de tous les horizons qui sont invités ici pour donner du relief à ses productions. Ceux-ci constituent donc le Floating Roots Orchestra qui est tout sauf une formation musicale au sens traditionnel du terme : ce sont des retrouvailles avec de vieux complices (Black Sifichi2 ) ou, signe des temps, des rencontres réalisées à distance via le net.
Ne vous y trompez pas, malgré le caractère atypique de ce Floating Roots Orchestra, on trouve du beau monde sur ce disque : Rob Mazurek, aux cuivres, joue usuellement avec Tortoise ; Charlie O est l’homme qui s’occupe des claviers de Peter Von Poehl ; derrière la table de mixage officie Moritz Von Oswald ; en un mot, des gens d’horizons très différents qui ont pour unique point commun un goût certain pour l’expérimentation musicale. Car Lost-Wax, avant d’être un album de dub électronique, est un véritable exercice d’exploration de territoires mélodiques et sonores inconnus.
Comme à l’accoutumée dans le dub, Lena a effectué un long et minutieux travail de production. La matière sonore est ici véritablement sculptée : distendue avec soin, étirée jusqu’à ce que le silence devienne un élément rythmique à part entière. Et sur cette trame aussi minimale qu’hypnotique viennent se greffer les improvisations des membres du Floating Roots Orchestra. Celles-ci bénéficient ainsi d’un écrin qui permet à chacun de s’exprimer dans un style proche du free-jazz, créant ainsi pour chaque morceau une atmosphère musicale et un groove propres à la personnalité de ceux qui s’y expriment.
Lost-Wax est un album définitivement atypique puisqu’il allie à la fois la méticulosité nécessaire à la programmation de rythmiques électroniques et la spontanéité des musiciens et chanteurs qui prennent part à ce projet. Le résultat est plaisant même s’il dispose des défauts propres au concept même de l’album. Assez peu facile d’accès, le disque ne se dévoilera vraiment qu’aux oreilles exercées qui savent apprécier les constructions musicales complexes. Un album ambitieux et exigeant qui ravira les auditeurs qui le sont tout autant.































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